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Écosse: dernier jour de campagne avant le référendum (VIDÉO)

17/09/2014 06:36 EDT | Actualisé 17/09/2014 06:36 EDT

Partisans du oui et du non au référendum d'indépendance jetaient mercredi leurs dernières forces dans la bataille, à Edimbourg, à Glasgow, et dans toutes les bourgades et îles du territoire à la veille du scrutin qui s'annonce extrêmement serré.

Cette consultation pourrait marquer la fin d'une union vieille de 307 ans entre l'Ecosse et l'Angleterre et déboucher sur la création d'un nouveau pays en Europe.

Face à de tels enjeux, cette région septentrionale de 5,3 millions d'habitants retenait son souffle.

Les unionistes se sont rendus dans la nuit à Gretna Green, ville frontière entre l'Angleterre et l'Ecosse, pour allumer des chandelles et brandir fièrement l'Union Jack.

Le drapeau du Royaume-Uni, orné du "NO" des partisans de l'intégrité du royaume, flottait également à Glasgow dans les tribunes d'un match de football entre les Glasgow Rangers et Inverness.

Plus à l'est, à Burnmouth, la façade d'une maison a été décorée avec le drapeau bleu et blanc écossais, entouré de pancartes "YES" réclamant une Ecosse autonome.

A quelques heures de la fin de la campagne, le suspense restait entier quant à l'issue du scrutin.

- La balle dans le camp des indécis -

Trois sondages publiés mercredi faisaient certes état d'une victoire du non, mais ils révélaient également une forte proportion d'indécis, rendant le résultat de la consultation de jeudi imprévisible.

David Dalgleish, un habitant d'Edimbourg partisan de l'union, pense qu'au final ces derniers choisiront de rester dans le Royaume-Uni. "Les gens vont se réveiller et voter non", a-t-il dit, ajoutant ne pas voir la nécessité du changement car "Edimbourg est prospère".

Le saut dans l'inconnu effrayait aussi Fatima Somner. "J'espère que ce sera non. Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas claires", a déclaré cette Edimbourgeoise d'adoption.

"Aujourd'hui, les soins médicaux sont gratuits. Comment cela se passera si le oui gagne? Et nous n'avons pas de base militaire. Nous ne sommes pas prêts. Ce serait une catastrophe", s'alarmait cette caissière de 45 ans, avant d'être interrompue par une cliente qui, elle, votera oui.

"Je suis pour l'indépendance, pour que nous puissions contrôler notre propre destinée. Nous sommes assez grands et courageux pour le faire", a estimé Eileen, qui se disait lasse des menaces brandies par le camp du non.

Conscients que la balance peut pencher d'un côté comme de l'autre, les chefs de file des deux camps sonnaient le rappel de leurs troupes. Celui du oui a mobilisé 40 000 militants pour distribuer trois millions de tracts jusqu'aux dernières heures de la campagne, selon la presse.

Cette indépendance "faisons-la!", a appelé le leader des indépendantistes, Alex Salmond, dans une lettre solennelle adressée au peuple écossais.

"Réveillez-vous vendredi matin (au lendemain du référendum, ndlr) au premier jour d'un pays meilleur. Réveillez-vous en sachant que vous l'avez fait", écrit-il. "Il s'agit de prendre en main le destin de votre pays. Ne laissez pas passer cette chance. Ne les laissez pas nous dire que nous ne pouvons pas".

- Le sort de Cameron -

Le leader des partisans du non, Alistair Darling, a répliqué sur les ondes de la BBC en soulignant que les nouveaux pouvoirs, en matière budgétaire notamment, que pourrait accorder Londres à l'Ecosse en cas de maintien dans le Royaume-Uni seraient bien plus profitables qu'une indépendance incertaine.

La victoire du non permettrait un "changement plus rapide et plus sûr que les années d'errance qui suivraient automatiquement" celle du oui, a-t-il estimé.

Si les Ecossais voteront jeudi pour décider de l'avenir de leur terre, leur choix pourrait également sceller le sort du Premier ministre britannique David Cameron, étroitement associé à la campagne du non.

Le dirigeant conservateur s'était rendu lundi à Aberdeen, d'où il avait lancé un vibrant appel au maintien de l'Ecosse dans le giron britannique, suppliant les électeurs de ne pas "briser cette famille".

Les bureaux de vote ouvriront jeudi matin à 07H00 (06H00 GMT) et fermeront à 22H00 (21H00 GMT). Le résultat du référendum devrait être connu vendredi en tout début de matinée.

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