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Québecor croit qu'un partenariat avec Wind Mobile est toujours possible

17/09/2014 04:14 EDT | Actualisé 17/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Québecor (TSX:QBR.B) ne croit pas que l'arrivée de nouveaux investisseurs chez Wind Mobile puisse compromettre un éventuel partenariat entre les deux sociétés en vue d'une expansion pancanadienne dans le secteur du sans-fil.

Son chef de la direction financière, Jean-François Pruneau, a expliqué mercredi que le conglomérat s'était abstenu d'allonger les 300 millions $ nécessaire pour l'acquisition, faute d'avoir pris une décision dans le dossier du sans-fil.

«Québecor n'a pas la santé pour digérer ce genre d'investissement à elle seule, a-t-il dit, dans le cadre d'une conférence destinée aux investisseurs. Nous n'avons pas voulu être les acheteurs pour cette raison. Quand on commence ça, on se place en situation de risque pour la suite des choses (...) Nous avons besoin de partenaires pour faire (l'expansion).»

Un groupe d'investisseurs, composé notamment du fondateur de Wind Mobile et de la firme canadienne West Face Capital, ont conclu une entente de principe pour mettre la main sur la participation de VimpelCom, une société russe.

M. Pruneau a rappelé que le gouvernement fédéral semblait faire des efforts pour favoriser l'arrivée d'un quatrième joueur à l'échelle nationale, mais qu'il restait du travail à faire.

Il a néanmoins salué la décision d'interdire aux fournisseurs de services sans fil d'imposer des clauses d'exclusivité dans les ententes d'itinérance pour contraindre les plus petites firmes à utiliser des réseaux plus coûteux.

«Des étapes ont été franchies et ça réduit nos coûts, a observé M. Pruneau. Nous avons toutefois besoin de plus que ça.»

Le directeur financier a martelé le message du conglomérat à l'effet qu'Ottawa devait réviser sa politique sur les frais d'itinérance, un dossier qu'il a qualifié de «critique».

D'après Québecor, les règles actuelles favorisent les trois plus grand joueurs canadiens — Rogers (TSX:RCI-B), Bell (TSX:BCE) et Telus (TSX:T) — qui contrôlent près de 90 pour cent du secteur canadien des services sans fil.

De son côté, Vidéotron possède quelque 550 000 clients sans fil au Québec.

M. Pruneau a néanmoins reconnu que les «choses tombaient tranquillement en place» et que Québecor — qui a notamment acquis du spectre sans fil en Ontario, en Alberta ainsi qu'en Colombie-Britannique pour 233 millions $ — était prête à discuter.

«Nous sommes certainement intéressés à discuter avec (Wind Mobile), a-t-il dit. Nous pouvons participer au partenariat. Nous possédons du spectre et ça a de la valeur.»

Stratégie différente pour Cogeco

De son côté, le président et chef de la direction de Cogeco (TSX:CGO), Louis Audet, a livré un message bien différent lorsqu'il a été questionné sur ce dossier, au cours d'un autre échange avec des analystes ainsi que des investisseurs.

M. Audet a indiqué qu'il n'était pas question pour son entreprise ou sa filiale de se lancer dans le secteur du sans-fil puisque les risques financiers semblaient trop importants et que la concurrence était féroce.

«Nos clients ne nous demandent pas cela, a-t-il expliqué. Ils ont bien assez de choix, le prix de certains (forfaits) sont très bas et nos clients sont contents avec cela.»

De plus, le patron de Cogeco a estimé que les turbulences traversées par certains autres plus petits fournisseurs — comme Wind Mobile et Mobilicity — démontraient qu'il s'agit d'une aventure risquée pour son entreprise.

Ce dernier a également expliqué que la stratégie commerciale était bien différente entre vendre des forfaits internet, de câblodistribution et de téléphonie résidentielle, comme le fait Cogeco Câble (TSX.CCA), et tenter de vendre des appareils mobiles.

«D'un point de vue marketing, nos forfaits sont destinés à des familles et sont vendus au téléphone, a expliqué M. Audet. Un téléphone cellulaire est vendu à une personne par l'entremise d'un magasin. C'est une grosse différence.»

M. Audet a toutefois indiqué que sa société serait en mesure de s'adapter rapidement pour faire le saut dans ce secteur si les règles entourant le secteur canadien du sans-fil devaient finir par être modifiées.

«Nous ne sommes pas dogmatiques là-dessus», a-t-il prévenu.

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