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Îles Fidji: le militaire Voreqe Bainimarama semblait filer vers la victoire

17/09/2014 08:16 EDT | Actualisé 17/11/2014 05:12 EST

SUVA, Fidji - L'homme fort militaire Voreqe Bainimarama, qui gouverne les Îles Fidji depuis huit ans, semblait se diriger vers une victoire décisive, jeudi.

Avec trois-cinquièmes des bureaux de vote dépouillés, le parti de Voreqe Bainimarama récoltait 60 pour cent des voix, tandis que son plus proche rival, le Parti Sodelpa, obtenait 27 pour cent.

Des milliers de Fidjiens étaient appelés aux urnes mercredi, dans le cadre d'un exercice qui pouvait mettre fin à huit ans de gouvernement autocratique et 25 ans d'instabilité politique.

L'homme fort militaire qui gouverne cet archipel du Pacifique du Sud avec une main de fer depuis un coup d'État en 2006, arrivait toutefois en tête des sondages. Son emphase sur les programmes sociaux et l'augmentation des dépenses en infrastructures l'ont rendu populaire auprès des Fidjiens. Il est aussi connu pour sa répression des médias.

Questionné après avoir déposé son bulletin, M. Bainimarama s'est dit assuré de l'emporter. Il a ensuite promis de respecter le processus démocratique et l'issue du vote.

La centaine d'observateurs internationaux déployés à travers le pays ne rapportait aucun problème quand les bureaux de scrutin ont fermé à 18 h, heure locale. Environ la moitié des 900 000 habitants de l'archipel avaient le droit de voter.

La communauté internationale est prête à abandonner les sanctions qui pèsent sur Fidji une fois la démocratie rétablie. Le pays pourrait notamment reprendre sa place au sein du Commonwealth.

Les sondages prédisaient une victoire facile de M. Bainimarama. Ses partisans affirment que cela témoigne de sa performance solide à la tête du pays, tandis que ses détracteurs l'accusent de chercher à légitimiser son coup d'État et des années de violations des droits de la personne.

Il semblait même en voie de remporter au moins 50 pour cent des voix pour s'éviter la formation d'un gouvernement de coalition.

M. Bainimarama a rendu l'éducation gratuite et a dépensé des dizaines de millions de dollars pour améliorer les routes, notamment grâce à des prêts consentis par la Chine. L'économie fidjienne affiche une croissance de 4,6 pour cent cette année. M. Bainimarama a aussi adopté plusieurs mesures qui ont atténué les frictions ethniques qui ont mené à quatre coups d'État depuis 1987.

Des groupes de défense des droits de la personne l'accusent d'avoir torturé des prisonniers, écrasé la dissidence et soigneusement cultivé son image en contrôlant les médias. Il aurait aussi modifié la Constitution pour s'assurer que les auteurs du coup d'État et lui-même ne seront jamais inquiétés par la justice.

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