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Le Musée pour les droits de la personne met le Canada face à la question autochtone

17/09/2014 07:22 EDT | Actualisé 17/09/2014 07:22 EDT
ASSOCIATED PRESS
Canadian Prime Minister Stephen Harper attends a joint press conference with Palestinian President Mahmoud Abbas, at Abbas's headquarters, in the West Bank city of Ramallah, Monday, Jan. 20, 2014. (AP Photo/Nasser Nasser)

Le Canada regarde-t-il assez ce qui se passe dans sa cour? Alors que le Musée canadien pour les droits de la personne, qui ouvre cette semaine à Winnipeg, met la question de ces droits au coeur de l'actualité, des voix s'élèvent pour dénoncer le sort des autochtones à quelques pas de l'établissement.

Un texte d'Azeb Wolde-Giorghis

C'est le premier musée consacré aux droits de la personne dans le monde, et le premier musée national érigé à l'extérieur de la région d'Ottawa depuis 1967. Un musée d'idées, composé de onze galeries, dont une qui commémore les cinq génocides reconnus par le Canada : l'Holocauste (1939-3945), l'Holodomor (Ukraine, 1932-33), le génocide arménien (1915-1916), et les massacres au Rwanda (1994) et à Srebrenica (1995).

En plein coeur d'une ville où la situation des autochtones est difficile, ce musée relance aussi le débat sur les droits de ces communautés au Canada. « Profitons-en pour raconter l'histoire du Canada et revisiter le chemin parcouru de ce pays qui est très jeune », dit l'anthropologue Serge Bouchard.

« Ce musée est à La Fourche, le lieu précis où l'on a écrasé les droits des Métis, des Franco-Manitobains et des Cris. »

— Serge Bouchard

M. Bouchard ajoute que « les Canadiens ont beaucoup de difficulté à regarder le passé et leurs relations avec les autochtones ». Regardez l'entrevue ci-dessous.

Le reportage d'Azeb Wolde-Giorghis sera diffusé ce soir à 22 h, au Téléjournal, sur ICI Radio-Canada Télé.

Dans les communautés autochtones, plusieurs critiques se font entendre. « Comment peut-on parler de droits quand mes communautés dans le nord n'ont même pas accès à l'eau courante? », s'indigne le grand chef des communautés du nord du Manitoba David Harper.

Le jour où l'on célébrait l'inauguration du musée avait lieu une veille à Winnipeg pour l'adolescente de 15 ans Tina Fontaine, retrouvée morte dans la rivière rouge.

Un parallèle que souligne le candidat à la mairie de Winnipeg, Robert Falcon-Ouellette, lui -même autochtone.

« Peut-on vraiment parler de droits de la personne quand on retrouve des enfants dans des sacs de plastique dans la rivière rouge? »

— Robert Falcon-Ouellette, candidat à la maire de Winnipeg

M. Falcon-Ouelette précise que le musée a bel et bien sa place à Winnipeg. « C'est ici que la bataille pour les droits de la personne va se faire », estime-t-il.

En plein coeur du centre-ville de Winnipeg, ce musée est le rêve d'un homme, Israel Asper, magnat canadien de la presse, décédé en 2003. Depuis c'est sa fille Gail qui a repris le flambeau. « Mon père aimait beaucoup son Manitoba et il était fier des acquis des droits de la personne au Canada, explique-t-elle. Avec ce musée, il voulait créer des emplois et augmenter le tourisme à Winnipeg ».

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