NOUVELLES

Le chef du NPD refuse d'appuyer le déploiement canadien en Irak

17/09/2014 03:54 EDT | Actualisé 17/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - L'opposition officielle refuse d'endosser la décision du premier ministre Stephen Harper d'envoyer des membres des forces spéciales dans le nord de l'Irak.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a affirmé mercredi que cette position s'imposait, puisque le gouvernement refuse de fournir certains renseignements clés sur ce déploiement et qu'il ne veut pas laisser les parlementaires se prononcer à ce sujet dans le cadre d'un vote.

M. Harper a confirmé que 69 membres des forces spéciales canadiennes avaient été dépêchés en Irak pour participer à une campagne de lutte contre le terrorisme contre une faction dissidente du réseau Al-Qaïda connue sous le nom d'État islamique (ÉI).

Il a réitéré que leur intervention, qui doit faire l'objet d'une révision dans une période de 30 jours, n'était pas une mission de combat et que les Canadiens étaient sur place uniquement pour conseiller et assister les forces irakiennes ainsi que les combattants kurdes qui tentent de freiner les avancées de l'ÉI.

Le dévoilement de ces informations n'a pas satisfait M. Mulcair.

Il a affirmé qu'il ne pouvait accorder son appui à la mission alors que le gouvernement refuse d'indiquer la date à laquelle elle a commencé, ce qui rend impossible de savoir à quel moment la période de 30 jours sera écoulée.

Il a estimé qu'un «flou artistique» entourait cette opération.

Thomas Mulcair a dressé un parallèle avec la situation en Afghanistan, en mentionnant qu'il y avait d'abord eu un petit contingent de forces spéciales sur place mais qu'au bout du compte, de nombreux soldats avaient participé à un interminable conflit dans ce pays, ce qui a conduit à la mort de plus de 160 Canadiens.

Après avoir cité cet exemple, le chef néo-démocrate a lancé qu'il craignait que les soldats canadiens ne soient de nouveau sur le point de s'aventurer sur «une pente glissante».

Il a affirmé qu'il s'agissait «d'un cas classique» où la situation est susceptible de dégénérer.

De son côté, le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a dit être en accord avec le déploiement, même s'il a ouvertement reconnu qu'il risquait de durer plus longtemps que 30 jours compte tenu «de l'ampleur de la dévastation et de la crise humanitaire dans le nord de l'Irak».

Il a souligné qu'il soutenait la mission actuelle, tout en servant une mise en garde au gouvernement.

M. Trudeau a expliqué qu'il était primordial, à ses yeux, que les parlementaires puissent la superviser et en discuter.

Il a qualifié la situation dans le nord de l'Irak de «catastrophe», en ajoutant que les Canadiens avaient la «responsabilité de protéger» les innombrables civils qui ont dû quitter leur foyer pour échapper à la menace terroriste.

Il a dit que les «Canadiens veulent que leur gouvernement continue d'être une force en faveur de la paix dans le monde», en précisant que ce rôle concorde avec «nos valeurs».

Justin Trudeau a spécifié qu'à son avis, il est «parfaitement acceptable» d'entraîner l'armée locale et de lui offrir du soutien sans participer aux hostilités.

Il a souligné que le Canada disposait d'une «expertise en la matière» et qu'il devrait «être capable de la partager».

PLUS:pc