POLITIQUE

La rumeur de fermeture des conservatoires se transporte au Salon bleu

17/09/2014 06:48 EDT | Actualisé 17/09/2014 06:48 EDT
Radio-Canada

La menace du couperet plane au-dessus de la tête du réseau des conservatoires du Québec depuis quelques jours. Au moment où des acteurs du milieu commencent à s'organiser, la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, refuse de s'avancer sur cette « rumeur ».

« Nous n'entrerons pas dans des hypothèses, il y a toutes sortes de choses sur la table, nous sommes en commission de révision des programmes », a dit la ministre qui a dit être fière du réseau en avouant qu'il était toutefois déficitaire.

« Ce ne sont que des rumeurs. »

— La ministre Hélène David

La ministre a fait cette sortie après avoir été questionnée par la porte-parole de l'opposition en matière de culture et de communications, Véronique Hivon. Cette dernière a demandé à Mme David de rassurer le milieu culturel sur la possibilité de fermeture des conservatoires en région.

« [Dans les régions] l'inquiétude prend de l'ampleur à la vitesse grand V. Est-ce que la ministre peut s'engager devant nous à ce qu'il n'y ait pas de fermeture des conservatoires au Québec ? », a dit la députée de Joliette.

Le Parti québécois avance que la ministre refuse d'écarter un scénario de fermeture en plus d'augmenter l'inquiétude en invoquant l'existence légale « d'un seul conservatoire » relié à cinq « pôles régionaux ».

En tout, neuf conservatoires de musique et d'art dramatique sont répartis à Montréal, Québec, Rimouski, Saguenay, Trois-Rivières, Val-D'Or et Gatineau. Le premier conservatoire a vu le jour en 1942 après une proposition du chef d'orchestre Wilfrid Pelletier.

Le député de Rimouski a aussi fait entendre sa voix.

« Sans la présence du conservatoire à Rimouski, c'est l'Orchestre symphonique, l'École de musique, les Concerts des îles du Bic, le Festi Jazz de Rimouski et d'autres initiatives qui sont mis en péril », a-t-il déclaré.

Le conservatoire de Rimouski existe depuis plus de 40 ans à Rimouski. Une cinquantaine de musiciens, professeurs et d'élus se sont rencontrés d'ailleurs rencontré mardi, pour planifier des moyens de pression afin d'empêcher une fermeture dans l'Est du Québec. D'ailleurs, le maire Éric Forest a invité les citoyens à manifester leur opposition. Une pétition a aussi été mise en ligne sur le site Web de l'Assemblée nationale.

Quelque 130 étudiants sont inscrits au conservatoire rimouskois qui compte 33 employés.

« Le conservatoire, c'est le cœur culturel de Rimouski. Qui peut être assez décroché, assez irresponsable, assez déconnecté pour fermer le cœur culturel de Rimouski et de la région. »

— Le député Harold Lebel

La ministre David a assuré vouloir préserver l'offre culturelle et musicale dans les régions.

« Nous regardons la meilleure façon de le faire tout en tenant compte des finances publiques », a expliqué Hélène David.

Le chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin et les musiciens de l'Orchestre Métropolitain ont aussi accordé leur violon avec les opposants à une possible fermeture. Le chef a envoyé une lettre à la ministre David.

Il fait valoir le rayonnement du réseau des conservatoires tout en ayant conscience des défis économiques du Québec.

« Madame la ministre, nous sommes convaincus de l'importance capitale du réseau des Conservatoires pour le Québec. Il faut non seulement préserver et assurer la pérennité de cette grande institution, mais aussi lui permettre de se développer, de s'épanouir et permettre enfin à ses artisans de se concentrer sur autre chose que leur simple survie », peut-on lire dans la lettre.

Que sont-ils devenus?