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La FMSQ accuse le ministre Barrette de mentir sur l'état des négociations

17/09/2014 12:14 EDT | Actualisé 17/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) accuse le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de mentir à la population sur l'état réel des négociations à des fins politiques personnelles et demande au premier ministre Philippe Couillard de s'interposer.

«Ce n'est pas en lançant de fausses affirmations ou en usant de propos incendiaires dans ses déclarations publiques que le ministre de la Santé parviendra à créer un réel climat de collaboration», a indiqué la présidente de la Fédération, Diane Francoeur, qui a repris en conférence de presse mercredi une demi-douzaine de déclarations faites la veille par le ministre en démontrant, documents à l'appui, qu'elles étaient contraires à la réalité.

«Pour démontrer qu'il est capable de ne pas être complaisant, le ministre Barrette fait le calcul que d'imposer une loi spéciale aux médecins spécialistes, ça sert ses propres intérêts politiques», a-t-elle lancé, indiquant qu'il tentait ainsi de se distancer publiquement de la Fédération, dont il a été le président durant plusieurs années avant d'être élu.

«Je suis très déçue, a-t-elle ajouté. Surprise? Non. On connaît l'individu, on connaît ses manières. Mais qu'il nous utilise pour faire un "spin" politique? C'est extrêmement décevant.»

À Québec, M. Barrette a reproché à la présidente de la FMSQ de vouloir personnaliser le débat.

«Vous comprenez tous qu'il y a une tactique là-dedans, qu'on essaie de dévier l'attention vers un conflit de personnalité qui n'existe pas, plutôt que de mettre l'accent sur l'ampleur du problème», a déclaré le ministre dans les minutes suivant la conférence de presse.

Selon Mme Francoeur, toutefois, le ministre n'a que lui-même à blâmer pour avoir voulu occuper tout l'espace.

«Il nous a expliqué que nous ne pouvions gagner cette bataille parce que c'est lui qui décide. C'est lui qui décide de tout. Gaétan Barrette personnalise la négociation. Il négocie seul, avec son chef de cabinet qui est observateur», a-t-elle dit.

Il est donc temps, selon elle, que le premier ministre Philippe Couillard rappelle son ministre à l'ordre.

«Si le gouvernement veut régler, ça va prendre un peu plus de savoir-faire et de savoir-vivre à la table de négociation.»

En réponse aux affirmations de Gaétan Barrette voulant qu'il n'ait toujours pas reçu de demandes chiffrées, Diane Francoeur a montré les documents qui ont été déposés à la table des négociations, qui contiennent les demandes chiffrées en question et qui représentent plusieurs concessions importantes, selon elle.

Ainsi, la Fédération dit avoir accepté d'abandonner tout rattrapage de rémunération prévu durant la première année de l'entente originale et de réduire de moitié l'augmentation prévue à la deuxième année. Elle n'a cependant pas voulu donner d'autres précisions, disant ne pas vouloir négocier sur la place publique.

De son côté, le ministre Barrette estime ces chiffres insatisfaisants.

«Je pourrais vous montrer la proposition de la FMOQ (Fédération des médecins omnipraticiens du Québec): en-dessous de chaque année, il y a un montant d'argent», a précisé le ministre. «Il n'y a pas, à la FMSQ, une proposition chiffrée en termes d'années, datée, avec un montant d'argent en-dessous de chaque année.»

Par ailleurs, la Fédération des médecins spécialistes réfute l'affirmation voulant qu'elle réclame l'ensemble du rattrapage durant un premier mandat libéral.

«On nous propose d'étaler encore, d'ajouter un cinq ans au total. Nous sommes d'accord, mais pas à n'importe quel prix», a précisé Mme Francoeur.

Par ailleurs, la docteure Francoeur se défend d'avoir laissé planer une menace de moyens de pression advenant l'adoption d'une loi spéciale comme l'a affirmé le ministre, car cela toucherait les services aux patients.

«Nous ne sommes jamais allés là. Nous n'avons jamais menacé de faire des moyens de pression», a-t-elle affirmé avec force, tout en reconnaissant qu'une éventuelle loi spéciale affecterait le moral des troupes.

«On sait qu'il y aura beaucoup de travail à faire dans le réseau avec les coupes qui s'en viennent. (...) Évidemment, si on a une loi spéciale, l'enthousiasme sera moins grand.»

Tout pointe donc vers l'impasse puisque la Fédération dit attendre une réponse du ministre de la Santé, alors que celui-ci dit attendre une proposition plus complète.

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