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La CIBC croit qu'un huard encore plus faible en 2015 relancera les exportations

17/09/2014 03:55 EDT | Actualisé 17/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le plus faible dollar canadien commence à stimuler les exportations, mais l'économiste en chef de la Banque CIBC (TSX:CM), Avery Shenfeld, affirme qu'il faudra encore dix ans, et un huard encore plus faible, avant de pouvoir reconstruire le secteur des exportations du pays.

M. Shenfeld s'est dit optimiste quant au portrait du secteur de l'exportation, à la lumière des solides gains réalisé ces derniers mois.

Mais il a affirmé qu'un huard plus faible en 2015 pourrait ajouter encore plus d'élan, particulièrement dans les secteurs non énergétiques tels que la machinerie et le bois d'oeuvre, qui comptent pour 75 pour cent des exportations canadiennes.

«Je crois qu'il faudra un dollar canadien encore plus faible — aux environs de 85 cents US — pour regagner suffisamment de la compétitivité perdue afin de vraiment relancer les dépenses en immobilisations comme deuxième facteur de croissance», a dit M. Shenfeld, qui livrait ses perspectives sur l'économie dans le cadre d'une conférence annuelle de la CIBC à l'intention des investisseurs.

Les entreprises qui ont quitté le Canada pour l'Extrême-Orient lorsque le huard a atteint la parité avec le dollar américain ne reviendront sans doute pas au pays, mais celles qui se sont ancrées aux États-Unis ou au Mexique pourraient revenir si les conditions sont bonnes, a-t-il fait valoir.

Mardi, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a exprimé un «optimisme prudent» à l'égard de la tendance des exportations ces cinq ou six derniers mois, tout en ajoutant qu'il faudrait attendre pour voir ces gains se traduire en investissements des entreprises et en création d'emplois.

L'économiste en chef de la CIBC a dit croire que le taux de change devrait reculer de manière soutenue pour avoir un impact durable sur la reconstruction des capacités d'exportation du Canada.

«La monnaie s'est dépréciée, mais il faudra plusieurs années pour obtenir de nouveaux mandats, de nouvelles installations pour choisir de s'établir au Canada», a-t-il ajouté lors d'un entretien.

M. Shenfeld a affirmé que l'effet sur l'emploi pourrait tarder à se faire sentir puisque les décisions sur les investissements prennent parfois plus de temps à se concrétiser.

Mais il prévoit que l'emploi au pays, qui a crû beaucoup plus lentement que pouvaient le laisser croire les récents indices économiques positifs, devrait s'améliorer alors que la demande pour les exportations continuera de grimper.

«Je m'attends à ce que les chiffres de l'emploi remontent au cours des 12 prochains mois car on ne peut pas continuer à soutirer toujours plus de la main-d'oeuvre existante. À un certain moment, si on veut produire plus, il faut effectuer plus d'embauche», a-t-il exposé.

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