POLITIQUE

Écosse 2014 – La course à la chefferie du PQ se transporte-t-elle à Édimbourg?

17/09/2014 12:28 EDT | Actualisé 18/09/2014 06:40 EDT
Montage photo

ÉDIMBOURG – La course au leadership du Parti québécois n’est pas encore commencée officiellement, mais trois des éventuels candidats sont en Écosse cette semaine pour suivre la situation et se positionner sur l’échiquier politique québécois.

Martine Ouellet, Alexandre Cloutier et Pierre Karl Péladeau sont de passage à Edimbourg afin de vivre un moment historique jeudi : le référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

«Malgré ma conjonctivite, Julie et moi sommes bien heureux de partir pour l'Écosse afin de vivre ce moment historique que sera le référendum sur l'indépendance. Peu importe le résultat, beaucoup d'enseignements seront intégrés et donneront matières à réflexion», a affirmé M. Péladeau sur sa page Facebook mercredi.

«Outre la question de cette consultation populaire, je crois qu'il faille surtout retenir le débat sur la volonté des Écossais de s'enrichir et de vivre entièrement leurs ambitions, celle d'une nation fière et de son rendez-vous d'assumer tout ses choix et ses décisions. Vive l'Écosse !» a-t-il lancé. M. Péladeau est arrivé en Écosse mercredi.

Martine Ouellet

Pour Martine Ouellet, ex-ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement Marois, venir prendre le pouls en Écosse est essentiel et elle y multiplie les rencontres sur place.

Elle souligne la «campagne de peur» du camp du Non comme au Québec en 1995 alors que le camp du Oui a expliqué que ses intérêts étaient fort mal représentés à Londres.

Le référendum écossais amène donc Mme Ouellet à trouver des «pistes de réflexion» pour le PQ. «On a peut-être un avantage à avoir une question (référendaire) plus courte» dit-elle au HuffPost Québec.

«Cette façon de présenter les choses est peut-être plus pragmatique : il y a peut-être moyen de concilier les deux au Québec. C’est très intéressant de voir comment ils ont fait cette campagne très positive.»

Selon elle, le parti SNP écossais (au pouvoir) et le camp du Oui en Écosse se sont inspirés de la campagne parapluie du Oui au Québec en 1995. Elle note par ailleurs qu’aucune affiche référendaire n’est visible dans les rues, sauf chez les citoyens, ce qui détonne de la situation au Québec.

Mme Ouellet note que les 14% d’indécis pourraient changer la donne jeudi soir. «Ils vont faire la différence», ajoute-t-elle, soulignant que le vote est serré et imprévisible.

Elle affirme que sa présence à Édimbourg n’a rien à voir avec la course à la chefferie au PQ et que ce voyage personnel était prévu depuis longtemps.

«Ma réflexion est avancée mais pas terminée», a-t-elle conclu.

Alexandre Cloutier

Alexandre Cloutier, député du PQ au Lac St-Jean, pense pour sa part qu’il faut apprendre de la démarche écossaise et affirme que sa présence à Édimbourg est l’aboutissement d’un long processus.

«La progression du Oui dans les six derniers mois est tout à fait exceptionnelle : la clarté de leur démarche et leur capacité à enraciner le mouvement chez les citoyens» ont impressionné le jeune député qui a fait des études à l’Université Cambridge dans les années 2000.

Et le PQ doit déjà tirer des leçons de la campagne référendaire selon lui : la clarté de la question référendaire en Écosse et du projet référendaire doivent inspirer le parti dans l’avenir.

Il rappelle que le camp du Oui en Écosse a déposé un Livre blanc de 670 pages qui répond à la plupart des questions sur l’indépendance et ses risques.

«Le projet de pays au Québec n’existe plus. Il existe dans l’abstrait mais pas dans la vie quotidienne des gens», a-t-il indiqué au Huffington Post Québec. «Il faudra l’incarner et ensuite faire l’unité du mouvement souverainiste. Nous on est beaucoup trop divisés. Ce sont des erreurs qu’on a faites et que eux ne reproduisent pas.»

Il dit également avoir été frappé par l’appui des immigrants au projet indépendantiste écossais. «Les Polonais ne sont pas plus divisés que les Écossais.»

Peu importe le scénario final jeudi en Écosse, Alexandre Cloutier estime que le camp du Oui a gagné en crédibilité. «Ce serait une avancée extrêmement importante pour le mouvement souverainiste, même insoupçonnée. S’il y a une victoire du Oui, ce sera exceptionnel. Personne ne l’a vu venir. Je faisais partie des sceptiques.»

Alexandre Cloutier affirme ne pas avoir pris de décision encore quant à une éventuelle participation à la course à la chefferie du PQ, dont les règles seront connues le 4 octobre.

«Non (ma décision n’est pas prise. Ce qui est clair dans mon esprit est qu’à mon retour je vais faire connaître ce que je pense que le Parti québécois devrait faire sur la souveraineté. J’espère donner un peu d’espoir aux Québécois», a-t-il déclaré.

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