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Un écart se creuse entre les générations sur l'issue du référendum en Écosse

16/09/2014 11:28 EDT | Actualisé 16/11/2014 05:12 EST

GLASGOW, Royaume-Uni - À travers l'Écosse, les discussions familiales s'échauffent sur le sujet du référendum sur l'indépendance. Un écart générationnel se creuse entre les jeunes électeurs, plus favorables à l'option du «Oui», et leurs aînés, plus enclins à vouloir rester au sein du Royaume Uni.

Les gens de plus de 60 ans seraient en effet plus portés à voter pour le statu quo puisqu'ils s'inquiètent des conséquences que pourrait avoir la sécession de l'Écosse sur leurs pensions, les services de santé et leurs économies. Le clan du «Oui» compte beaucoup plus d'Écossais âgés de moins de 40 ans.

Avec les sondages très serrés des dernières semaines, les organisateurs des deux camps ont appelé leurs partisans à convaincre les membres de leur famille.

«J'étais si fière lorsque mon grand-père m'a dit qu'il allait voter 'Oui' que j'ai éclaté en sanglots (...) Un vote pour le 'Oui' est très important pour notre génération. Nous voulons faire comprendre à nos grands-parents que l'avenir est assuré entre nos mains, que nous pourrons construire un meilleur avenir pour nous et nos enfants», a souligné Miriam Brett, 23 ans.

L'option du «Non» est la moins populaire pour toutes les catégories d'âge, sauf pour la tranche des 60 ans et plus. Les sondages indiquent que plus de 63 pour cent des Écossais plus âgés voteront pour rester dans le pays. Les organisateurs de la campagne du «Oui» maintiennent toutefois leurs efforts auprès des jeunes pour qu'ils se déplacent le jour du vote. Par le passé, les gens plus âgés étaient plus nombreux à aller voter aux élections.

Quoi qu'il en soit, l'intérêt des électeurs écossais est bien présent. Plus de 4 millions d'entre eux se sont enregistrés pour aller voter, soit 97 pour cent des électeurs.

Le taux de participation pourrait donc dépasser 85 pour cent, alors qu'il ne se situait qu'à moins de 51 pour cent pour les dernières élections en Écosse en 2011 et à moins de 64 pour cent pour celles du Royaume-Uni en 2010.

Parmi tous les électeurs, 124 000 sont âgés entre 16 et 17 ans. Ces derniers, qui appuient massivement l'indépendance, pourront voter pour la première fois à l'occasion du référendum.

Des sondages estiment que 40 pour cent des familles sont divisées sur l'option. Au moins 20 pour cent des familles disent avoir eu des débats acrimonieux sur le sujet.

«Mon père a arrêté de me parler lorsque je lui ai confié que j'allais voter 'Oui' (...) Il m'a même bloquée sur Facebook», a relaté l'étudiante Laura Brown, 21 ans.

Le clan du «Non» croit pourtant que les jeunes pourraient profiter des conseils de leurs aînés, qui ont plus d'expérience.

«Les Écossais qui reçoivent des pensions devraient utiliser leurs voix pour rappeler à leurs enfants et leurs petits-enfants que la création des pensions a été assurée par notre travail, ensemble (...) Dites-leur que nous nous sommes battus et nous avons gagné les deux guerres ensemble», a souligné l'ancien premier ministre britannique Gordon Brown.

C'est un message qui semble avoir son effet sur certains électeurs plus âgés. «Ils n'ont pas assez vécu pour voir ce que nous avons (...) Beaucoup de jeunes croient que l'indépendance est une panacée. Ils pensent que c'est une aventure sans aucun risque. Mais ce n'est pas un jeu vidéo», a remarqué la retraitée Liz Mullen, 68 ans.

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