POLITIQUE

Compressions: Philippe Couillard soupçonne la fonction publique de couler des infos aux médias

16/09/2014 02:03 EDT | Actualisé 16/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Pour une deuxième fois en à peine trois mois, le gouvernement libéral exprime sa méfiance envers la fonction publique. Philippe Couillard soupçonne les commis de l'État d'avoir coulé des informations aux médias concernant des scénarios de compressions dans divers programmes.

Le chef libéral a ainsi réagi, mardi, aux nombreux reportages qui circulent sur les ministères, organismes et programmes qui pourraient être touchés par les politiques d'austérité visant à atteindre l'équilibre budgétaire.

Les dernières informations en date portent notamment sur le sort du programme de congés parentaux. L'intervention de M. Couillard donne le ton pour un automne qui s'annonce éprouvant avec la fonction publique, puisque les négociations pour le renouvellement des conventions collectives seront entreprises à compter d'octobre.

En point de presse avant d'entrer à la réunion de son caucus, M. Couillard a d'abord nié que son gouvernement ait été à l'origine des révélations sur les scénarios de compressions à l'étude.

Ces scénarios qui pourraient être examinés à la commission de révision des programmes provoquent souvent des réactions alarmées de plusieurs groupes ou syndicats. Il assure qu'il n'a «planifié» aucun de ces articles. Il soupçonne plutôt les fonctionnaires, qui sont pourtant assujettis à un devoir de réserve.

«Comme si cela venait de notre propre initiative! a-t-il dit en anglais. Ce sont clairement des informations venant d'éléments de la structure de la fonction publique, qui ont agi, peut-être, pour tenter de ralentir certains changements, c'est comme cela que je le vois.»

Il a fait remarquer que la plupart des articles et informations coulés portaient sur des changements aux services, mais presque jamais sur des changements aux structures, même si les changements aux structures seront nombreux, a-t-il précisé. À son avis, il est donc «étrange» que c'est seulement l'aspect des services qui transparaît dans les médias.

Appelé à préciser sa pensée en français, il a été plutôt laconique et s'est moins avancé sur l'identité des sources.

«Ce n'est pas une organisation planifiée par le gouvernement. Ça doit venir de quelque chose. Je remarque que les fuites ne parlent que de questions de services, sans aucune mention des changements de structures importants qui sont en cours, alors ça m'intéresse», a-t-il déclaré avant de tourner les talons et d'entrer dans la salle du caucus.

Plus tôt cette année, en juin, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, avait elle-même alimenté un certain climat de suspicion. Après l'évasion spectaculaire de trois prisonniers de l'établissement de détention de Québec, elle s'était embourbée avec des renseignements contradictoires et elle avait déclaré plus tard qu'on lui avait menti. Une enquête interne a d'ailleurs été instituée par la suite.

La sortie de M. Couillard intervient peu après une rencontre tendue entre son gouvernement et les syndicats qui représentent les employés de l'État.

La semaine dernière, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, et ses collègues Yves Bolduc et Gaétan Barrette ont rencontré leurs interlocuteurs syndicaux, notamment Daniel Boyer, de la FTQ, et Louise Chabot, de la CSQ, en vue de mettre la table pour les négociations à venir.

Les syndicats sont sortis plutôt insatisfaits de l'entretien, en raison des signaux très contraignants qu'avait envoyé Martin Coiteux, à propos de marge de manoeuvre.

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