POLITIQUE

Pelchat n'aurait pas dû avoir une prime de 95 000 $, croient le PQ et la CAQ

16/09/2014 06:16 EDT | Actualisé 16/09/2014 06:16 EDT
Conseil du statut de la femme

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) croient que l'ancienne déléguée générale du Québec à Mexico n'aurait pas dû avoir de prime de départ de 95 000 $ alors qu'elle a volontairement quitté son poste.

Le chef caquiste François Legault a déclaré mardi qu'il faut revoir les procédures qui ont permis à Christiane Pelchat d'obtenir cette somme après sa démission en août dernier.

"C'est la personne qui décide elle-même de quitter, puis ce que je comprends, c'est que, dans ce cas-là, elle avait accepté un emploi ailleurs, a-t-il dit lors d'un point de presse. Donc, je ne vois pas pourquoi quelqu'un qui quitte sur une base volontaire a le droit à une prime."

Selon le chef caquiste, de telles façons de faire nuisent à la perception de la population envers la fonction publique. "Il faut revoir ces façons de faire, a-t-il dit. Je pense que ça nuit à la confiance de la population envers tout ce qui se fait dans la fonction publique."

Le député péquiste Jean-François Lisée, ancien ministre des Relations internationales, estime également qu'il est anormal qu'une telle somme ait été versée à Mme Pelchat, en poste dans la capitale mexicaine depuis trois ans. "Quand on quitte son emploi de son plein gré, quand c'est notre choix, on n'est pas sensé avoir de prime", a-t-il dit.

Établissant un parallèle avec le récent départ du directeur général de la Sûreté du Québec Mario Laprise, M. Lisée a évoqué un "secret" sur les véritables raisons de la démission de Mme Pelchat, qui pourraient avoir motivé le versement d'une prime.

"Quelle est l'histoire derrière le départ de Mme Pelchat? Est-ce que c'est la même histoire que derrière le départ de M. Laprise, je ne le sais pas, a-t-il dit. A-t-elle été poussée vers la sortie? Je ne le sais pas, moi, le secret derrière le départ de Mme Pelchat."

M. Lisée a rappelé que les positions de Mme Pelchat, en matière de laïcité, n'étaient pas très appréciées des libéraux lorsqu'elle était à la tête du Conseil du statut de la femme (CSF).

Selon M. Lisée, la prime versée à Mme Pelchat aurait permis de maintenir un des deux emplois au bureau du Québec à Moscou, que le gouvernement du premier ministre Philippe Couillard a décidé de fermer.

"C'est l'équivalent du salaire d'une des deux personnes qui étaient dans notre bureau de Moscou que M. Charest avait créé et que M. Couillard ferme", a-t-il dit.

Avant une première réunion de ses députés, mardi, M. Couillard a estimé que les délégués, des contractuels embauchés par le gouvernement, devaient recevoir une prime même lorsqu'ils quittent leur poste volontairement.

"Ce n'est pas un traitement différent du tout, a-t-il dit. Les délégués généraux, lorsqu'ils sont nommés, ont un contrat à durée indéterminée, ils n'ont absolument aucune sécurité d'emploi _ à moins d'être des fonctionnaires de carrière, ce qui les place dans une catégorie différente. Ce sont des dispositions qui font partie de leur contrat."

M. Couillard a affirmé que cette somme compense pour d'autres avantages, qu'il n'a pas spécifiés, dont les contractuels ne peuvent bénéficier. "C'est une disposition qui est standard dans les contrats, pour compenser le fait qu'on peut offrir à ces personnes aucune sécurité d'emploi (...) Il y a très peu d'avantages par rapport à ceux qui ont une permanence dans la fonction publique."

La somme reçue par Mme Pelchat est calculée en tenant compte de la durée de son mandat à Mexico mais aussi à titre de présidente du CSF, où elle a été nommée en 2006.

Selon le secrétariat aux emplois supérieurs, la démission fait partie des raisons qui mettent fin au contrat. Un décret administratif qui détermine les conditions des titulaires d'emplois supérieurs ne fait toutefois aucune mention explicite de ce cas de figure, limitant les allocations de transition et de départ aux contractuels dont l'engagement est résilié ou n'est pas renouvelé.

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