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Le «Oui» et le «Non» s'activent à deux jours du référendum écossais

16/09/2014 08:40 EDT | Actualisé 16/11/2014 05:12 EST

ÉDIMBOURG, Royaume-Uni - Les deux camps du référendum écossais s'affairaient mardi à rallier les électeurs indécis, à seulement deux jours du vote.

Ceux qui militent contre l'indépendance croient qu'une séparation du Royaume-Uni pourrait plomber l'économie écossaise, tandis que leurs adversaires les accusent de semer la panique.

Après qu'un récent sondage ait témoigné d'une poussée des séparatistes, le camp du «Non» a tenté de convaincre les Écossais qu'ils recevront encore plus d'autonomie s'ils décident de rester au sein de la famille britannique.

Le premier ministre David Cameron, le leader travailliste Ed Miliband et le libéral-démocrate Nick Clegg ont tous signé mardi, dans les pages du quotidien Daily Record, un engagement promettant aux Écossais «de nouveaux pouvoirs élargis» — y compris le pouvoir de relever les impôts — s'ils choisissent le Royaume-Uni.

M. Miliband s'est retrouvé entouré de partisans des deux camps qui hurlaient «Votez oui!» et »Votez non!» à l'occasion d'une visite dans un centre d'achat d'Édimbourg. M. Miliband a dit comprendre que les passions «sont au vif», mais qu'il espère que le débat se déroulera d'une «manière civilisée».

Plus de 4,2 millions de personnes auront le droit de vote jeudi.

Un politicien travailliste, Douglas Alexander, a expliqué qu'un vote pour le «Non» se traduira par des «changements plus rapides, plus sécuritaires et plus efficaces pour l'Écosse», tandis que l'indépendance sera synonyme de «risques, d'incertitudes et de coûts».

«Avec seulement 48 heures à faire, ils ne peuvent même pas nous dire quelle monnaie ils utiliseraient», a-t-il lancé lors d'un rassemblement du camp du «Non» mardi à Édimbourg.

Le gouvernement écossais pro-indépendance prétend qu'il continuerait à utiliser la livre sterling, mais Londres a prévenu qu'elle refusera une union monétaire.

Le camp du «Oui» estime que les promesses de nouveaux pouvoirs sont trop vagues et croit qu'elles témoignent de la panique qui s'empare de leurs adversaires.

«Cette offre vide de toute dernière minute ne saurait dissuader le peuple écossais de saisir cette occasion unique de placer l'avenir de l'Écosse entre les mains de l'Écosse ce jeudi», a déclaré le premier ministre écossais Alex Salmond à la BBC.

M. Salmond a fréquemment laissé entendre que peu de choses — allant de la monnaie à la reine Élisabeth II — changeront dans la foulée d'une victoire du «Oui».

L'ancien premier ministre Gordon Brown, un Écossais qui jouit d'une popularité considérable, a en revanche prévenu mardi qu'un vote pour l'indépendance annulera «tous les liens qui existent, les connexions que nous avons, avec nos amis, nos voisins et nos parents» du reste du Royaume-Uni.

«On ne peut pas essayer de se séparer pour voir ce que ça donnera, a déclaré M. Brown lors d'une apparition publique dans l'ouest de l'Écosse. Ça ne peut qu'être un divorce dispendieux et difficile et douloureux.»

Le vice premier ministre écossais, Nicola Sturgeon, a répliqué que l'Écosse continuera «à faire partie de la famille de nations qui composent les îles britanniques».

«Ce ne sont pas des liens politiques, ce sont des liens du peuple», a-t-il dit.

Les sondages indiquent que l'issue du scrutin sera très serrée et qu'elle pourrait dépendre de la décision de quelques milliers d'indécis.

L'Écosse fait partie du Royaume-Uni depuis 307 ans.

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