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L'aérogare désaffectée de Mirabel sera bel et bien démolie, confirme Aéroports de Montréal

16/09/2014 03:11 EDT | Actualisé 16/11/2014 05:12 EST
Bruno Boutot/Flickr

MONTRÉAL - Les jours de l'aérogare désaffecté de Mirabel sont maintenant comptés, puisqu'Aéroports de Montréal (ADM) ira de l'avant avec son processus de démolition, et ce, en dépit du sursis demandé par les promoteurs du projet de centre de foires.

Le démantèlement et la décontamination de l'immeuble désaffecté depuis 2004 devrait coûter moins de 15 millions $, a indiqué le président-directeur général d'ADM, James Cherry, en conférence de presse, à Montréal.

«Nous sommes conscients que l'ancien bâtiment est un symbole qui est chargé d'émotions, mais à un certain moment, la raison doit l'emporter, a-t-il dit. La seule solution économique justifiable est le démantèlement.»

L'appel d'offres avait été lancé le 1er mai dernier. M. Cherry a fourni peu de détails, puisque l'entreprise sélectionnée n'a pas encore été avertie et que le contrat doit être signé au cours des prochaines semaines.

«Il y a beaucoup d'amiante», a prévenu le pdg d'ADM.

«La décontamination devrait prendre plusieurs mois avant de pouvoir mettre le bâtiment par terre.»

D'après M. Cherry, la destruction de l'aérogare sera beaucoup moins dispendieuse que les quelque 30 millions $ demandés par les promoteurs du projet de centre de foire pour mettre les infrastructures à niveau.

Ce dernier a reconnu que le maire de Mirabel et porte-étendard du projet, Jean Bouchard, avait déposé une offre avant la date limite de ce mardi, mais qu'elle ne répondait pas aux exigences requises.

«Il (M. Bouchard) a envoyé une offre pleine de conditions, a affirmé M. Cherry. Il faut attendre (...), il n'y a pas de financement. Il cherche encore de prolonger.»

ADM refuse d'accorder un sursis à la Société de gestion Montréal-Mirabel (SOGEMM), notamment parce que les frais de maintien annuels de l’aérogare oscillaient entre 3 et 5 millions $.

Dans une ultime tentative pour obtenir un délai, le maire de Mirabel avait soumis une offre à ADM, mais avait reconnu que la SOGEMM n'avait toujours pas recueilli le financement nécessaire afin de réaliser le projet.

En conférence téléphonique, M. Bouchard a déploré l'attitude des représentants d'ADM en affirmant que les «dés» étaient «pipés» dans ce dossier.

Le maire de Mirabel était prêt à injecter jusqu'à 10 millions $ d'argent public dans le projet, mais n'a jamais vraiment senti l'appui des gouvernements provincial et fédéral, ce qui a donné lieu à une sortie virulente à l'endroit du ministre fédéral Denis Lebel.

«Il a fallu que je me faufile à une rencontre lors de sa tournée du Québec (pour lui parler) et j'ai été clair avec M. Lebel, je lui demandais sa collaboration, a lancé M. Bouchard. Tout simplement, il m'a expliqué qu'il comprenait mon message.»

Le maire de Mirabel a également accusé M. Lebel de se «cacher» en affirmant que le dossier relevait d'ADM alors que c'est le gouvernement fédéral qui est le propriétaire de l'aérogare.

«C'est une arrogance totale d'ADM, a lancé M. Bouchard. Je souhaite que le propriétaire, qui est le fédéral, intervienne et rende sa décision devant tout le monde.»

Toutefois, selon Transports Canada, c'est ADM qui exerce ses activités «indépendamment du gouvernement fédéral» en vertu d'un bail à long terme conclu en 1992.

Le porte-étendard du projet de centre de foires n'a pas exclu la possibilité de tenter d'obtenir une injonction pour tenter de freiner les démarches d'ADM, ce qui n'a toutefois pas semblé inquiéter M. Cherry.

«Nous n'avons rien reçu jusqu'à date, a-t-il dit. C'est un édifice sur un terrain qui appartient au fédéral. Le gouvernement du Canada est totalement au courant de ce que nous faisons.»

Une fois la démolition de l'aérogare complétée, ADM se dit confiante être en mesure d'attirer des entreprises sur ce site où Bombardier, Pratt & Whitney et Aerolia sont notamment présentes.

«Nous n'avons rien de ferme pour l'instant mais nous espérons attirer des compagnies», a dit M. Cherry.

Entre-temps, l'aérogare de Mirabel a déjà commencé à se vider puisque certains équipements — comme des comptoirs d'enregistrement, des balances mécaniques et quelque 2000 chariots à bagages — ont été donnés à l’aéroport international Hugo-Chavez de Cap-Haïtien, en Haïti.

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