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Ebola: la réponse internationale s'accélère, MSF veut encore plus

16/09/2014 08:20 EDT | Actualisé 16/11/2014 05:12 EST

DAKAR, Sénégal - Les efforts internationaux pour lutter contre l'épidémie de virus d'Ebola s'intensifiaient mardi, au moment où Médecins sans frontières prévenait qu'ils demeurent malgré tout insuffisants et qu'on commence à manquer de temps.

Des experts en santé publique et les pays d'Afrique de l'Ouest qui croulent sous l'assaut du virus estiment que la réponse internationale est trop lente. L'épidémie d'Ebola qui touche le Libéria, la Guinée, la Sierra Leone, le Nigeria et le Sénégal a maintenant fait plus de 2400 morts, et les promesses d'aide se sont multipliées au cours des dernières semaines.

Pour sa part, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que le nombre de cas en Afrique de l'Ouest pourrait commencer à doubler à toutes les trois semaines, et qu'il pourrait finir par en coûter 1 milliard $ US pour contenir la crise.

L'OMS a indiqué que la Chine s'est engagée à déployer un laboratoire mobile et du personnel spécialisé en Sierra Leone. Cette équipe de 59 personnes sera composée d'experts en laboratoire, d'épidémiologistes, de cliniciens et d'infirmières. La Royaume-Uni prévoit construire et gérer une clinique dans ce pays, tandis que Cuba a promis l'envoi de 160 travailleurs de la santé.

Les États-Unis, de leur côté, ont annoncé mardi l'envoi de quelque 3000 soldats dans la région, pour offrir un appui médical et logistique. L'initiative américaine prévoit la formation de 500 travailleurs de la santé par semaine, l'ouverture de 17 centres de traitement de 100 lits chacun, la distribution de 50 000 trousses de soins à domicile et la mise en place d'une campagne publique pour éduquer la population quant à la gestion des patients.

La Banque mondiale a quant à elle annoncé mardi l'octroi de 105 millions $ US pour lutter contre l'épidémie, à savoir 52 millions $ US pour le Libéria, 28 millions $ US pour la Sierra Leone et 25 millions $ US pour la Guinée. L'argent servira notamment à financer les soins de santé essentiels, à embaucher des travailleurs de la santé et à fournir des vivres aux familles et aux communautés placées en quarantaine.

En dépit de ces promesses, la présidente de Médecins sans frontières, la pédiatre québécoise Joanne Liu, dit avoir été contrainte de réitérer l'appel lancé une première fois il y a quelques semaines.

«La réponse à l'Ebola continue à accuser un retard dangereux, a-t-elle dit à Genève. Nous commençons à manquer de temps pour freiner cette épidémie. Nous avons besoin de l'implication de plus de pays, nous avons besoin d'un déploiement plus important, et nous en avons besoin maintenant.»

Dans un rapport publié mardi, l'OMS indique qu'on aura besoin de 987,8 millions $ US pour une multitude de tâches, allant des salaires des employés jusqu'au suivi des personnes exposées au virus. On aura aussi besoin de 23,8 millions $ US pour acheter des sacs mortuaires et payer les fossoyeurs, puisque les victimes sont fortement contagieuses.

Les hôpitaux et les cliniques doivent refuser des patients par manque de lits, tandis que les médecins et infirmières se font rares. Une pénurie de laboratoires capables d'identifier le virus a aussi ralenti les efforts.

Les experts préviennent que le bilan officiel — qui en fait déjà la pire épidémie d'Ebola de l'histoire — sous-estime certainement la réalité, et que la crise s'envenime de jour en jour.

«Avec chaque semaine qui passe, l'épidémie augmente de façon exponentielle, a dit le docteur Liu. Avec chaque semaine qui passe, la réponse devient de plus en plus compliquée.»

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