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Mouvement #BringBackOurGirls: voici ce qui s'est passé ces cinq derniers mois au Nigeria

16/09/2014 12:38 EDT | Actualisé 16/09/2014 12:58 EDT
AP
In this photo taken from video by Nigeria's Boko Haram terrorist network, Monday May 12, 2014 shows the alleged missing girls abducted from the northeastern town of Chibok. The new video purports to show dozens of abducted schoolgirls, covered in jihab and praying in Arabic. It is the first public sight of the girls since more than 300 were kidnapped from a northeastern school the night of April 14 exactly four weeks ago. (AP Photo)

La nuit du 14 avril 2014, des centaines d'élèves de l'école Chibok, dans le nord-est du Nigeria, ont été réveillées par le bruit des mitrailleuses. Elles ont vu des hommes en tenue de camouflage approcher et ont pensé que des soldats de l'armée régulière venaient les sauver des attaques des militants, selon les déclarations de survivants.

Mais la réalité était autre: elles ont été 270 à être capturées par les miliciens islamistes de Boko Haram. Leur enlèvement a provoqué l'indignation mondiale et incité le lancement d'une campagne de sauvetage, soutenue par le mot-clic #BringBackOurGirls.

Dimanche, cinq mois s'étaient écoulés depuis l'enlèvement. Voici ce qui s'est passé entre-temps.

Pas une écolière n'a été sauvée

Lors des premiers jours suivant l'enlèvement, 57 jeunes filles sont parvenues à s'échapper. Mais depuis, pas une n'a été rescapée.

Même si leur emplacement a été localisé depuis des mois

En mai, un officier de l'armée nigériane a indiqué savoir où étaient détenues les jeunes filles. Un mois plus tard, des avions de surveillance américains ont identifié un groupe de personnes pouvant être le groupe recherché.

Stephen Davis, ecclésiastique et médiateur américain, a déclaré en juin qu'un accord visant à libérer les jeunes femmes avait échoué trois fois en un mois. Il a par ailleurs accusé les politiciens nigérians d'avoir financé Boko Haram et de saboter les efforts de libération. Le gouvernement a défendu son approche et mis en garde contre une opération de sauvetage pouvant risquer des vies humaines.

Les autres pays ont fait très peu de progrès

D'après Associated Press, il a fallu deux semaines pour que le Nigeria accepte de l'aide extérieure.

Et quand l'aide est arrivée, elle n'a pas été très loin. Les États-Unis ont envoyé 80 soldats fin mai pour coordonner une recherche aérienne venue du Tchad. Le Canada, la France, Israël et le Royaume-Uni ont aussi envoyé des forces spéciales au Nigeria. Mais six semaines plus tard, l'attaché de presse du Pentagone a annoncé que la mission américaine serait réduite: «Nous n'avons pas une meilleure idée aujourd'hui qu'auparavant sur l'endroit où elles se trouvent.»

Les troupes se trouvent toujours au Tchad et des vols de reconnaissance et surveillance américains se lancent à la recherche des jeunes femmes chaque semaine. Des officiers américains ont été réticents à partager leurs renseignements sur Boko Haram.

Pendant ce temps, la ville des jeunes femmes est toujours en danger

Les habitants de Chibok font toujours face à une attaque probable de Boko Haram. L'offensive du groupe islamiste sur des villages alentours est parvenue à quelques kilomètres de la ville.

Par ailleurs, au moins 11 membres des familles des jeunes femmes kidnappées ont été tués par les militants ou ont succombé à une maladie.

Et les violences de Boko Haram continuent

Depuis avril, Boko Haram prétend s'être emparé de cinq villes du nord-est du Nigeria, dont certaines, selon l'armée, auraient été reprises. Le groupe a par ailleurs kidnappé trois autres groupes de jeunes femmes ainsi que des douzaines de garçons et jeunes hommes -- dont certains ont été rescapés.

Plus de 2100 personnes auraient été tuées par Boko Haram depuis le 14 avril, selon les données du Conseil des relations extérieures. Et en dix jours du mois d'août, 10 000 personnes ont été déplacées.

L'armée nigériane cède sous la pression...

L'armée semble mal équipée pour faire face à la situation. À cause du manque d'équipement, au moins 40 soldats nigérians auraient refusé les ordres de combattre Boko Haram en août. Et lors d'attaques de Boko Haram sur des villages frontaliers, au moins 600 soldats nigérians auraient fui au Cameroun. Selon l'armée, certains d'entre eux étaient en manœuvre tactique.

...et a été accusée de graves violations aux droits de l'homme

Les forces de sécurité du Nigeria et les milices soutenues par l'État ont été accusées d'abus horribles, enlèvements, torture et meurtres. Des preuves ont récemment émergé selon lesquelles l'armée aurait torturé et assassiné des civils accusés d'être connectés à Boko Haram.

Tandis que le pays se préoccupe de son image

Le gouvernement nigérian a engagé une compagnie de Washington pour plus de 1,2 million $ dans le but de modifier l'image véhiculée par les médias après les enlèvements, selon un rapport de The Hill. Goodluck Jonathan, président du pays, a créé la polémique après qu'un groupe soutenant sa réélection a utilisé le mot-clic #BringBackGoodluck2015.

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