POLITIQUE

Le député Stéphane Bergeron est insatisfait de la Commission Charbonneau

16/09/2014 04:35 EDT | Actualisé 16/11/2014 05:12 EST
PC

QUÉBEC - Laissé sur sa faim, le Parti québécois demande une prolongation du mandat de la Commission Charbonneau (CEIC) pour qu'elle se penche davantage sur les libéraux.

Les témoignagnes entendus jusqu'ici ne permettent pas de conclure que la commission a fait le tour du jardin, a soutenu le député Stéphane Bergeron en point de presse, mardi, à Québec.

«Certains témoignages nous ont laissés sur notre faim. Pour plusieurs affaires, nous n'avons pas su le fin fond de l'histoire», a-t-il estimé.

Le député de Verchères juge que les libéraux n'ont pas été suffisamment sous la loupe des commissaires. Il s'interroge, en outre, sur la raison pour laquelle le grand argentier du Parti libéral du Québec (PLQ), Marc Bibeau, n'a pas été appelé à la barre. Il exige des explications.

«Si la commission a omis d'inviter un témoin aussi important que M. Bibeau, je pense qu'elle doit à tout le moins dissiper tout doute ou malentendu sur les raisons pour lesquelles elle ne l'a pas convoqué. Et, si c'est une question de temps, bien, nous lui offrons le temps, effectivement, pour pouvoir le convoquer», a-t-il affirmé.

M. Bibeau, un puissant homme de l'ombre, n'est pas un personnage secondaire dans le débat sur le financement politique, a fait remarquer le député du PQ. La CEIC a entendu nombre de témoins dont l'importance relative était de beaucoup inférieure à celle de M. Bibeau, a soulevé M. Bergeron.

«La réceptionniste d'Union Montréal (...) a comparu parce qu'on voulait absolument savoir si, oui ou non, Bernard Trépanier lui avait demandé de compter de l'argent. Compte tenu de l'importance des faits qui ont été avancés, allégués entourant, par exemple, un Marc Bibeau, comment se fait-il que cette personne n'ait pas été convoquée à la Commission?», a noté le député.

«C'est la même personne qui se présentait comme faisant partie de l'équipe du premier ministre, qui, semble-t-il, avait même une carte d'affaires à cet effet; la même personne qui est allée voir Hydro-Québec pour demander qu'on lui fournisse la liste des contrats; la même personne qui allait voir les entrepreneurs en leur disant : 'Si vous donnez du financement, il va y avoir des contrats'», a-t-il ajouté.

À l'appui de sa requête, M. Bergeron a cité un ancien enquêteur des opérations policières SharQc et Diligence, Sylvain Tremblay, pour qui la commission «a escamoté des cibles importantes» — au premier chef: le PLQ. Le député péquiste a aussi évoqué les résultats d'un sondage d'opinion qui démontre, selon lui, «que la population n'a pas le sentiment que la Commission Charbonneau est allée au bout de son travail».

En Chambre, les députés libéraux ont refusé de débattre de la motion du Parti québécois demandant la prolongation du mandat de la CEIC.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a indiqué sèchement par la suite qu'il n'appartenait pas à un député du Parti québécois de dicter la conduite de la commission. Du reste, a précisé la ministre, la commission n'a pas demandé de prolongation de mandat.

«On n'a pas de demande actuellement provenant de la Commission Charbonneau. Pour le moment, il faut éviter de politiser et de donner une teinte aux travaux de la Commission qui a un mandat clair et est indépendante sur la façon de mener ses travaux», a-t-elle justifié.

Le gouvernement «traversera le pont une fois rendu à la rivière» si jamais la CEIC exprime le souhait de prolonger son mandat, a poursuivi Mme Vallée.

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