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AJ+, le nouveau bébé d'Al-Jazeera pour la génération téléphones intelligents et réseaux sociaux

16/09/2014 12:31 EDT | Actualisé 16/09/2014 12:31 EDT
Kohei Hara via Getty Images

La chaîne qatarie Al-Jazeera lance lundi AJ+, un nouveau service de vidéos d'informations en ligne, avec pour cible les jeunes friands de smartphones et de réseaux sociaux, qui cherchent à s'informer sans recourir aux médias traditionnels comme la télévision ou les journaux.

"AJ+ vous donne un point de vue original sur l'actualité, la culture et les événements à travers le monde", lance d'un ton enjoué une jeune femme brune vêtue de fuchsia, dans la vidéo de présentation d'AJ+.

Sur la page d'accueil du site, on peut lire en grosses lettres noires sur fond jaune "Bonjour planète", suivi d'un smiley.

Ce nouveau service uniquement en ligne, destiné à une audience anglophone à travers le monde, est séparé d'Al-Jazeera America et du reste de la chaîne de télévision détenue par la famille royale du Qatar.

Il vise "les gens qui n'ont pas de télévision et dont la consommation d'informations commence et finit avec les (appareils) portables", explique Yaser Bishr, directeur général chargé de la stratégie et du développement chez Al-Jazeera.

Basé à San Francisco et fort d'une équipe de 60 personnes au total dans le monde, AJ+ avait déjà été lancé plus tôt dans l'année de façon discrète. Lundi, ce service met à disposition une application pour les appareils fonctionnant avec le système d'exploitation iOS d'Apple, ce qui devrait générer un intérêt plus large.

L'objectif: offrir des vidéos d'informations sous un format à la demande, à l'instar de Netflix, et permettre aux utilisateurs de les partager sur les réseaux sociaux dont les incontournables Facebook et Twitter. Les vidéos sont diffusées via YouTube.

Le service est destiné "aux personnes qui ont un mode de consommation de l'information différent", souligne Yaser Bishr lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP.

Pour l'heure sans publicité

Le service ne manque pas d'avoir recours au vaste réseau de bureaux d'Al-Jazeera à travers la planète ainsi qu'à certaines de leurs images.

"Mais nous avons nos propres présentateurs, nos propres reportages", assure Yaser Bishr. "Les visages sont différents, l'expérience est différente. Nous avons notre propre studio et un environnement de production spécialement adapté au mobile".

AJ+ dit vouloir se concentrer sur les consommateurs d'informations de 18 à 34 ans. Pour Yaser Bishr, cela ne risque pas d'empiéter sur la chaîne Al-Jazeera America, lancée en août 2013, dont la moyenne d'âge des téléspectateurs est d'environ 45 ans. "Nous parlons d'une audience différente", insiste-t-il.

Selon lui, AJ+ a déjà été regardé plus de sept millions de fois ces dernières semaines, et sans aucun marketing. "Cela veut dire qu'il existe un public à la recherche de ce genre de contenus".

Le groupe explique que le nouveau service met l'accent sur "du contenu à partager sur les réseaux sociaux, qui soulignera les luttes et réussites de l'homme, tout en fournissant des éléments de contexte significatifs sur les principales actualités mondiales".

Adel Iskandar, professeur de communication à l'Université Simon Fraser, estime qu'AJ+ a pour but d'accroître le rayonnement d'Al-Jazeera aux Etats-Unis, alors que la chaîne câblée lancée l'an dernier dans le pays, Al-Jazeera America, peine à convaincre.

A ses yeux, AJ+ entre en concurrence avec des services tels que Vice Media ou HuffPost Live, mais avec une touche nettement plus internationale et des reportages "un peu plus politisés".

De quoi peut-être faire oublier "ce qui est négatif avec la marque Al-Jazeera" pour nombre d'Américains, méfiants à l'égard de la chaîne qatarie et de ses liens au Moyen-Orient.

Ken Doctor, expert pour la société de recherche Outsell, voit un marché dans ces utilisateurs de smartphones "qui veulent mettre leurs écouteurs et regarder (les nouvelles) dans le métro".

"On parle de jeunes gens en train de devenir adultes. Leur comportement de consommateurs est encore en formation. Ils sont très convoités par les annonceurs", explique-t-il.

AJ+ sera toutefois à ce stade dépourvu de publicités, précise Yaser Bishr. "Nous cherchons actuellement des moyens de générer des recettes", reconnaît-il. "Mais nous n'allons pas pour cela sacrifier l'expérience visuelle" en insérant des pubs dans les vidéos.

La priorité pour l'heure est "d'entrer dans la vague".

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