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Syrie: les combattants kurdes repoussent l'État islamique et progressent

15/09/2014 01:02 EDT | Actualisé 15/11/2014 05:12 EST

BEYROUTH - Des combattants kurdes ont repris plus d'une dizaine de villages des mains de militants islamistes lors de durs combats à travers le nord-est de la Syrie, ont annoncé un groupe militant et un responsable kurde lundi.

Ces affrontements dans la province à majorité kurde de Hassakeh surviennent alors que des diplomates, réunis à Paris, tentaient de s'entendre sur une stratégie mondiale pour combattre l'État islamique, qui s'est emparé de vastes pans de territoire en Irak et en Syrie. Voilà plus d'un an que les miliciens kurdes combattent les militants dans le nord de la Syrie.

Les Unités de protection du peuple kurde (YPK) se sont avérées les plus efficaces pour lutter contre les islamistes, alors que ces derniers ont provoqué la déroute des armées irakienne et syrienne, ainsi que des principaux rebelles syriens.

La plus récente ronde de combats entre les deux factions a débuté samedi. Les combattants des YPK ont depuis capturé 14 villages, selon l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, et Nawaf Khalil, un porte-parole du puissant Parti de l'union démocratique kurde, dont les membres sont majoritaires au sein des milices.

En entrevue téléphonique avec l'Associated Press, M. Khalil a indiqué que «nous les combattrons avec tout ce que nous avons», avant d'ajouter que l'EI ne pouvait être repoussé qu'en employant la force.

De son côté, le président américain Barack Obama a annoncé la semaine dernière que les États-Unis mutiplieraient les frappes aériennes en plus de tenter de former une coalition internationale pour saper et éventuellement détruire l'EI. Le secrétaire d'État John Kerry a visité plusieurs pays arabes, y compris l'Égypte et l'Arabie saoudite, au cours des derniers jours pour tenter de bâtir une coalition visant à repousser le groupe extrémiste.

Quant aux miliciens kurdes, ils sont considérés avec prudence par la Coalition nationale syrienne soutenue par l'Occident, cette dernière soutenant que les Kurdes sont liés au gouvernement du président syrien Bachar el-Assad. La Turquie est également mal à l'aise face au groupe, qu'elle estime lié au mouvement kurde du PKK, qui a mené pendant longtemps une insurrection dans le Sud-Est turc.

Selon l'Observatoire, les combats entre les Kurdes et l'EI auraient fait 22 morts chez les civils, en plus de 15 victimes chez les djihadistes depuis samedi. Aucun bilan précis n'est disponible pour les décès du côté kurde.

Ces combats près du fief de l'EI de Tel Hamis se sont produits alors que le groupe terroriste encaissait un autre revers dans la ville de Deir el-Zour (est). Là-bas, le seul pont liant les zones sous contrôle extrémiste aux banlieues a été détruit. Les combattants de l'EI devront désormais se ravitailler par bateau.

La télévision d'État syrienne affirme que les forces gouvernementales sont responsables de l'explosion du pont franchissant l'Euphrate.

Par ailleurs, le long de la frontière contestée entre Israël et la Syrie, sur le Plateau du Golan, les casques bleus onusiens se sont retirés d'au moins une base, a mentionné un militant dans la région. Ce retrait survient après que les rebelles syriens, y compris le Front Nousra affilié à al-Qaïda, aient effectué une percée en territoire syrien et capturé brièvement des dizaines de soldats de l'ONU. Ceux-ci ont plus tard été relâchés, sains et saufs.

Un porte-parole de l'armée israélienne a confirmé que des Casques bleus étaient revenus en territoire israélien, sans donner plus de détails.

Ailleurs en Syrie, dans la ville d'Alep (nord), au moins 11 personnes ont été tuées lors de frappes aériennes gouvernementales contre le quartier rebelle de Marjeh. Quinze autres personnes ont été tuées dans la ville de Talbiseh, sous contrôle de l'opposition, lorsque des hélicoptères militaires ont largué des bombes artisanales.

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