POLITIQUE

Ottawa: première rentrée parlementaire pour le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu

15/09/2014 02:26 EDT | Actualisé 15/11/2014 05:12 EST
PC

OTTAWA - Le nouveau chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, entame sa première rentrée parlementaire à Ottawa en faisant valoir ce qu'il en coûte au Québec de rester au sein du Canada, une stratégie utilisée par le camp du «Oui» en Écosse pour convaincre la population de voter en faveur de l'indépendance.

«En soi, c'est quelque chose d'inspirant ce qui se passe en Écosse, toute la question de l'autodétermination des peuples», a répondu le chef bloquiste, lundi, lorsque interrogé sur le référendum écossais qui a lieu cette semaine.

Question stratégie, M. Beaulieu reconnaît l'efficacité de la méthode des indépendantistes écossais. «On parle beaucoup des avantages économiques de l'indépendance, c'est ce qu'on va faire aussi», a-t-il affirmé.

Lors de son point de presse pour marquer la rentrée parlementaire, M. Beaulieu a aussi dénoncé «la priorité qu'accorde le Canada aux projets liés aux sables bitumineux de l'Alberta», notamment le pipeline d'Enbridge et les forages en cours à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, pour la construction d'un port pétrolier.

«Le transport des sables bitumineux nous amène des retombées marginales» en termes d'emplois, a dit le chef bloquiste.

Selon lui, il est hors de question que les Québécois, anciennement des «porteurs d'eau», deviennent des «porteurs de pétrole».

Pourtant, l'ex-chef péquiste Pauline Marois était favorable, avec des conditions certes, au projet de la société Enbridge d'inverser le flux d'un de ses oléoducs afin d'acheminer du pétrole des sables bitumineux albertains vers l'est du pays. Le chef Mario Beaulieu a pourtant précisé, lorsque interrogé, qu'il y avait toujours un arrimage entre les politiques péquistes et bloquistes, omettant de relever cette contradiction.

Un coût environnemental important est associé à ces projets, a-t-il dit.

Quant aux autres coûts du fédéralisme pour le Québec, M. Beaulieu a cité le projet de commission nationale des valeurs mobilières qu'Ottawa tente toujours de mettre sur pied, et le Pont Champlain, car le fédéral ne démord pas de son intention d'imposer un péage.

Il a dit que le Québec envoie des milliards en impôts à Ottawa, souvent pour des programmes dont il ne bénéficie pas, comme pour l'aide fédérale au secteur automobile, qui a profité à l'Ontario.

Il a aussi dénoncé le retour du déséquilibre fiscal, se basant sur une étude du Conference Board rendue publique cet été. «La seule solution au déséquilibre fiscal est l'indépendance du Québec», a dit le leader des bloquistes.

M. Beaulieu a promis que le Bloc sera plus actif que jamais, au Parlement et sur le terrain, pour démontrer les coûts du fédéralisme.

Mais il sera plus difficile pour le chef, avec ses effectifs réduits, de parler des enjeux aux Communes.

Après avoir perdu la moitié de ses députés au cours de l'été — soit deux sur quatre — M. Beaulieu n'était accompagné que du député Louis Plamondon pour le point de presse de lundi. L'autre député Claude Patry était absent. Nerveux par moment, le chef se tournait parfois vers le doyen des députés à Ottawa lorsqu'il semblait hésiter sur la réponse à donner.

Interrogé à plus d'une reprise sur les troubles qui ont secoué le Bloc depuis son élection en juin, Mario Beaulieu a dit qu'il n'avait jamais pensé que la route serait facile. Sur les conflits qui ont mené à la démission de députés comme de militants, il a ajouté que «ce qui devait être réglé a été réglé».

Il a promis des annonces de candidats-vedettes «en temps et lieu» et le retour dans le giron bloquiste d'anciens députés comme France Bonsant.

Depuis trois mois, le nombre de membres en règle a augmenté de 15 pour cent pour se situer à près de 20 000, a dit le chef.

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