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Paris: Plusieurs pays en conférence pour structurer la lutte à l'État islamique

15/09/2014 04:23 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

PARIS - Des diplomates provenant de partout sur la planète se sont réunis lundi, à Paris, pour discuter d'une stratégie commune pour lutter contre le groupe extrémiste de l'État islamique.

L'Iran a toutefois rejeté toute collaboration avec une coalition internationale et refusé les demandes américaines de coopération.

Ni l'Iran, ni la Syrie, qui ensemble partagent la majeure partie de la frontière irakienne, n'ont été invités à la conférence de Paris, qui s'est ouverte au moment où deux avions français s'envolaient dans le ciel de l'Irak.

Le président irakien Fouad Massoum a demandé une approche militaire et humanitaire coordonnée, ainsi que des frappes contre le groupe et l'élimination de ses sources de financement.

«Nous demandons la poursuite régulière des opérations aériennes contre les sites terroristes, a dit M. Massoum. Nous ne devons pas leur permettre de créer des sanctuaires. Nous devons les poursuivre partout où ils se trouvent. Nous devons assécher leur financement. Nous devons les traîner en justice et nous devons empêcher les combattants des pays voisins de les rejoindre.»

Les 24 participants à la conférence se sont engagés, au terme de la conférence, à combattre l'État islamique «par tous les moyens nécessaires, y compris l'aide militaire».

Un dirigeant américain a indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que plusieurs pays arabes ont offert de mener des frappes aériennes.

Cette conférence avait été convoquée par le président de la France, François Hollande, qui était allé à Bagdad, la semaine dernière, afin d'offrir au nouveau gouvernement de l'Irak son soutien dans son combat contre l'islamisme radical.

«La menace (de l'État islamique) est globale et la réponse doit être globale, a dit le président Hollande lors de l'ouverture de la conférence. Il n'y a pas de temps à perdre.»

Le Canada est représenté à cette conférence par son ministre des Affaires étrangères, John Baird.

L'exécution de David Haines, un travailleur humanitaire britannique qui était détenu par les militants, semble avoir galvanisé la communauté internationale. En plus d'attirer des islamistes de partout à travers le monde, l'État islamique engrange quotidiennement plus de 3 millions $ US grâce au trafic du pétrole, à la traite de personnes, au vol et à l'extorsion, selon les autorités américaines.

Les pays majoritairement musulmans sont considérés comme étant essentiels à toute opération visant à empêcher l'État islamique de réaliser de nouveaux gains territoriaux en Irak et en Syrie. Des responsables occidentaux ont clairement indiqué qu'ils croient que le président syrien Bachar el-Assad fait partie du problème, tandis que les dirigeants américains se sont opposés à l'intention de la France d'inviter l'Iran — un pays chiite — à la conférence de Paris.

Le leader iranien suprême, l'ayatollah Al Khamenei, a déclaré sur les ondes de la télévision officielle que son gouvernement a refusé, en privé, une demande américaine de coopération face à l'État islamique, avant de prévenir qu'une nouvelle incursion des États-Unis engendrera «les mêmes problèmes que ceux rencontrés en Irak depuis 10 ans».

Le secrétaire d'État américain John Kerry n'a pas exclu une éventuelle collaboration avec l'Iran face à un ennemi commun, mais il a prévenu que les deux pays n'auront aucune coordination militaire. Il a rejeté toute collaboration avec le régim syrien, tout en évoquant vaguement d'éventuels échanges pour éviter toute erreur en cas de frappes en sol syrien­.

M. Kerry a déclaré à quelques journalistes qu'on ne sait pas exactement comment les États-Unis et l'Iran pourraient s'unir pour éliminer les extrémistes.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a affirmé lundi que la Syrie et l'Iran sont des «alliés naturels» dans la lutte aux extrémistes, et qu'ils doivent dès lors être consultés, ont dit des agences de presse russes.

«Les extrémistes tentent d'exploiter toute division dans nos positions pour déchirer le front uni des États qui se liguent contre eux», a-t-il dit.

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