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L'OCDE revoit ses prévisions de croissance économique à la baisse

15/09/2014 10:04 EDT | Actualisé 15/11/2014 05:12 EST

FRANCFORT - L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a réduit sa prévision de croissance pour les pays de la zone euro, et a fait valoir que l'union monétaire en difficulté avait besoin d'encore davantage de mesures de relance de la banque centrale et des gouvernements.

L'OCDE, un groupe de recherche s'intéressant aux pays industrialisés, a abaissé à 0,8 pour cent sa prévision pour la croissance dans la zone euro en 2014, après avoir prédit une croissance de 1,2 pour cent en mai.

L'organisation internationale établie à Paris a aussi coupé ses prévisions de croissance pour le Canada, les États-Unis et plusieurs autres économies importantes, mais a affirmé que l'économie mondiale poursuivrait une reprise modérée, bien qu'inégale.

Les perspectives pour les États-Unis ont été réduites à 2,1 pour cent, contre 2,6 pour cent auparavant, et celle pour le Japon a été abaissée à 0,9 pour cent, par rapport à 1,2 pour cent dans l'énoncé précédent.

La perspective pour le Canada a été réduite légèrement de 0,2 point de pourcentage, à 2,3 pour cent cette année, plaçant le pays au deuxième rang pour la croissance la plus rapide dans le G7 après le Royaume-Uni, où la croissance est évaluée à 3,1 pour cent, en recul par rapport à la prévision en mai de 3,2 pour cent.

En Italie, autre pays du G7 et l'une des économies les plus éprouvées en Europe, la projection a été abaissée à -0,4 pour cent, comparativement à 0,5 pour cent précédemment.

L'OCDE a porté une attention particulière à la zone de 18 pays utilisant l'euro, appelant la Banque centrale européenne (BCE) à procéder à des achats massifs d'obligations, dans le but d'injecter des fonds dans le système financier, un geste appelé assouplissement quantitatif. L'organisme demande aussi aux gouvernements d'accroître les dépenses dans les limites prescrites par l'Union européenne.

La Banque centrale européenne a déjà pris quelques mesures visant à soutenir la faible reprise. Elle a réduit son taux directeur à un niveau historiquement bas de 0,05 pour cent, offert des prêts à long terme peu coûteux aux banques à la condition qu'elles prêtent aux entreprises, et a indiqué qu'elle achèterait des obligations composées de prêts aux compagnies également dans le but de stimuler le crédit aux entreprises.

L'OCDE a soutenu que la «croissance demeurait faible dans la zone euro, qui risque la stagnation prolongée si d'autres mesures ne sont pas prises pour stimuler la demande», et a ajouté que d'«autres mesures, incluant l'assouplissement quantitatif, étaient requises».

La Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon et la Banque d'Angleterre ont toutes essayé l'assouplissement quantitatif. La BCE n'exclut pas cette possibilité, mais la démarche est plus complexe au sein d'une union monétaire rassemblant 18 pays. La Banque du Canada n'a pas pris la voie de l'assouplissement quantitatif, mais a continué de maintenir son taux directeur à un mince 1 pour cent.

L'économie mondiale continue de croître, mais les perspectives sont inégales entre les pays. La Chine peut s'attendre à une croissance de 7,4 pour cent cette année, alors que le Brésil voit se profiler une croissance de 0,3 pour cent après être tombé en récession dans la première moitié de l'année.

Par ailleurs, l'économiste en chef de l'OCDE, Rintaro Tamaki, estime que les marchés du travail des pays industrialisés ne s'améliorent que lentement, et que «trop de gens» ne sont toujours pas en mesure de trouver de bons emplois à l'échelle mondiale.

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