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Le procès de l'ancien sénateur Mike Duffy commencera mardi à Ottawa

15/09/2014 05:13 EDT | Actualisé 15/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - Le procès de l'ancien sénateur conservateur Mike Duffy, qui pourrait avoir des conséquences considérables sur le gouvernement de Stephen Harper, commence mardi matin.

La rapidité des procédures judiciaires ainsi que la teneur des propos de l'ancien sénateur pourraient convaincre les stratèges conservateurs de déclencher des élections générales prématurées.

En vertu de la loi sur les élections à date fixe, elles devraient se tenir le 19 octobre 2015.

Or, M. Duffy a signifié clairement qu'il n'épargnerait pas son ancien parti. Mardi matin, cependant, seul son avocat devrait se présenter.

M. Duffy est accusé de fraude, d'abus de confiance et de corruption en lien avec son compte de dépenses. Il fait face à 31 chefs d'accusation.

C'est toutefois le remboursement de 90 000$ remis par l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, pour couvrir les dépenses controversées de M. Duffy, qui pourrait embarrasser le gouvernement.

Plusieurs témoignages attendus

Le premier ministre a toujours fermement nié qu'il était au courant de cet important versement. Bien qu'il demeure un acteur clé dans l'affaire, il serait surprenant que M. Harper soit appelé à témoigner au procès. Les cours convoquent rarement les premiers ministres lorsque la Chambre des communes est en session. Il serait plus probable que Nigel Wright ait à se présenter en cour.

M. Wright vit actuellement à Londres, où il aide à l'implantation de l'entreprise Onex dans le marché européen. Il avait quitté la même compagnie pour se joindre au Bureau du premier ministre en 2010. La Gendarmerie royale du Canada n'a pas déposé d'accusation contre l'ancien employé de M. Harper.

D'autres personnes impliquées de près ou de loin dans le dossier pourraient se retrouver sur la sellette, dont l'ancienne leader du Sénat, Marjory LeBreton, des conseillers juridiques et d'autres employés du parti. Des employés du Sénat et du Bureau de régie interne devraient être interrogés.

L'automne dernier, M. Duffy s'était vidé le coeur et avait dénoncé ses anciens collègues du parti conservateur lors d'une allocution au Sénat.

«Tout sera rendu public en temps et lieu lorsque tous les acteurs seront sous serment. Toute la chaîne de courriels pourra être vue dans son intégralité», avait-il prédit.

Ni l'ancien sénateur ni son avocat Donald Bain n'ont accordé d'entrevue dans les derniers jours. Selon certaines sources, toutefois, M. Duffy voudrait accélérer le processus pour entrer dans le «contenu» le plus rapidement possible.

Le cas d'un autre ancien sénateur déchu, Patrick Brazeau, démontre toutefois que le processus pourrait être long. M. Brazeau, accusé de fraude et de bris de confiance, devra attendre au mois de juin pour son procès.

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