POLITIQUE

Rentrée parlementaire à Ottawa: Stephen Harper promet d'autres allègements fiscaux

15/09/2014 12:07 EDT | Actualisé 15/11/2014 05:12 EST
CP

OTTAWA - Les Canadiens ne seront pas appelés aux urnes avant plusieurs mois, mais déjà, le premier ministre Stephen Harper a ouvert la machine pour tenter de convaincre les électeurs de lui confier un quatrième mandat consécutif.

Le chef conservateur a donné le coup d'envoi à la rentrée parlementaire, lundi, en livrant un discours à forte teneur préélectorale qui laisse peu de doute sur l'ambiance qui plane sur la colline à Ottawa.

S'il a consacré une bonne partie de son allocution à défendre la politique étrangère de son gouvernement concernant la Russie, l'État islamique et Israël, M. Harper a passé plusieurs minutes à vanter les réalisations de son administration au chapitre de l'économie.

En gardant «la situation fermement en main» et «l'oeil sur l'horizon», le gouvernement canadien s'est si bien tiré de la récession mondiale qu'il pourra se permettre de réduire le fardeau fiscal des contribuables dès que l'équilibre budgétaire sera rétabli, a fait valoir Stephen Harper.

«J'ai hâte au dépôt de la mise à jour économique et financière cet automne, alors que nous parlerons des premières étapes de la prochaine partie de notre plan conservateur pour les Canadiens», a-t-il lancé au Centre des congrès d'Ottawa devant plusieurs de ses députés et des membres du personnel politique conservateur.

«Nous, les conservateurs, savons que les contribuables canadiens n'ont pas travaillé fort pour rétablir l'équilibre budgétaire pour que le gouvernement augmente ensuite les impôts, accumule plus de dettes ou verse d'importantes sommes d’argent à des groupes d'intérêts», a poursuivi le premier ministre Harper.

Après avoir rappelé que son gouvernement avait, entre autres, diminué la TPS et instauré le fractionnement du revenu pour les retraités, le dirigeant a prévenu que les libéraux et néo-démocrates pourraient retirer ces mesures s'ils accédaient au pouvoir.

Les hostilités sont donc officieusement déclenchées en prévision des élections générales, qui sont prévues pour le 19 octobre 2015. Et les leaders des deux principaux partis d'opposition en sont conscients.

À l'issue de la première période de questions de cette nouvelle session à la Chambre des communes, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a assuré que si son parti était élu, il ne «toucherait pas aux impôts des particuliers».

Il n'a pas voulu préciser ce que le NPD ferait si les conservateurs baissaient effectivement les impôts des Canadiens lorsque les surplus seront au rendez-vous — il s'agit, a-t-il plaidé, d'une «hypothèse à l'intérieur d'une hypothèse à l'intérieur d'une supposition».

De son côté, le chef libéral Justin Trudeau a ouvert la porte à une annulation de ces éventuelles baisses d'impôt.

«Nous allons regarder les différentes baisses d'impôt que M. Harper a proposées, et s'il y a une faille dedans (...), nous allons certainement les renverser», a-t-il déclaré.

Il a beaucoup été question d'économie en cette journée de rentrée parlementaire, mais les prochaines semaines se dérouleront sous le signe des affaires étrangères pour le premier ministre.

M. Harper accueillera au cours des prochains jours le président de l'Ukraine, Petro Porochenko, et la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye. Il livrera également un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York

Mais c'est la lutte à l'État islamique qui s'est imposée comme un enjeu à la Chambre des communes, lundi, quelques jours après que les libéraux eurent réclamé un débat d'urgence sur le déploiement des troupes canadiennes en Irak, lequel aura finalement lieu mardi.

En Chambre, le premier ministre s'est contenté de répéter qu'Ottawa avait envoyé «plusieurs douzaines» de membres des Forces armées canadiennes pour conseiller et assister les forces irakiennes lorsque le chef de l'opposition Thomas Mulcair lui a demandé des précisions sur la contribution du Canada.

Quelques heures auparavant, dans son discours, Stephen Harper avait prévenu qu'Ottawa ne devait plus se contenter de mener une politique étrangère basée sur la «bonne entente».

En plus de se liguer contre l'État islamique aux côté de ses alliés, le gouvernement continuera ainsi à défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine et à soutenir Israël contre vents et marée, a-t-il souligné.

«Les Canadiens ont voulu que nous poursuivions une politique étrangère basée sur la protection de nos intérêts et une projection de nos valeurs — et non pas, comme nos critiques le font valoir depuis longtemps, de simplement suivre pour bien s'entendre», a exposé M. Harper pendant son allocution.

Le gouvernement conservateur ne reconnaîtra par ailleurs «jamais l'occupation illégale de la Crimée, ni l'annexion de toute autre partie du territoire souverain de l'Ukraine», continuera à combattre la menace que représente l'État islamique et demeurera, contre vents et marées, un allié indéfectible de l'État hébreu.

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