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La moitié des avions d'Air France cloués au sol par une grève

15/09/2014 07:37 EDT | Actualisé 15/09/2014 07:37 EDT
Getty

La moitié des avions d'Air France étaient cloués au sol lundi et leur nombre doit atteindre 60% mardi, alors que l'ampleur de la grève des pilotes de la compagnie est sans précédent depuis 16 ans.

Opposé au projet de développement de Transavia, filiale à bas coût du groupe, le SNPL (majoritaire) a appelé à une grève reconductible du 15 au 22 septembre, le Spaf, deuxième syndicat, et Alter (non représentatif) jusqu'au 18.

A l'aéroport parisien de Roissy, 212 vols étaient annulés sur la journée, sur quelque 500 prévus. Un seul vol (pour la Havane à 13H50) avait toutefois été annulé à chaud. A Orly (sud de Paris), il y avait 64 vols annulés, sur 140 pour une journée normale.

A Marseille (sud), trois vols Air France sur quatre (60 vols sur les 80 quotidiens) étaient annulés à l'aéroport de Marignane, tandis qu'à Lyon (sud-est) l'aéroport Saint-Exupéry a fait état de 71% des vols Air France annulés.

La situation doit se dégrader encore.

Six vols sur 10 d'Air France seront annulés mardi, soit plus que lundi, et des perturbations et retards "ne sont pas à exclure", a annoncé la compagnie.

- "60% de grévistes"-

Air France prévoit "demain 40% des vols maintenus" et "60% de grévistes", a indiqué Catherine Jude, directrice du Centre de contrôle des opérations. Pour lundi, les prévisions avaient été de 48% de vols assurés.

Prévoyant de sérieuses difficultés, des retards et perturbations en sus des annulations, la compagnie aérienne a enjoint ses clients de "reporter leur voyage, changer leur billet sans frais" ou "se faire rembourser" et a recommandé à ceux "dont le vol serait annulé de ne pas se rendre en aéroport".

Pour ce premier jour de grève, elle estime qu'elle pourra assurer près de la moitié des vols (48%), après avoir recensé environ 60% de grévistes.

D'ultimes négociations avant le coup d'envoi du mouvement n'ont pas permis de débloquer la situation.

Le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a toutefois fait valoir dimanche soir que les négociations "n'étaient pas terminées". "Nous allons encore avoir des séances de négociations", "nous avons proposé beaucoup de choses" aux pilotes.

M. de Juniac a rejeté la semaine passée la principale revendication des syndicats: un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d'Air France, pour tous les avions de plus de 100/110 places, quelle que soit la compagnie du groupe (Air France, Hop!, Transavia).

Le développement de Transavia est la pierre angulaire du plan stratégique d'AF-KLM pour répondre à la concurrence des compagnies à bas coûts.

Le groupe mise sur une augmentation de la flotte de Transavia en France et en Europe, de nouvelles bases, mais avec des pilotes sous contrat local.

Le SNPL craint que le projet de développement de la filiale low cost Transavia n'aboutisse à "l'externalisation des emplois" et à du "dumping social", avec des pilotes sous contrat de droit étranger.

Il se montre pessimiste quant à la possibilité de trouver une issue au conflit amorcé voilà plusieurs semaines.

"La direction reste sur un projet tout ficelé, dans le dogme. Sa responsabilité, c'est de savoir écouter et d'éviter de faire perdre beaucoup d'argent à la compagnie: on est sur un sujet de fond, on ne parle pas d'augmentation de salaires", affirme Jean-Louis Barber, président du SNPL AF Alpa.

Un mouvement d'une semaine serait le plus long conflit mené par des pilotes d'Air France (groupe Air France-KLM) depuis 1998. La direction évalue à "10 à 15 millions" d'euros par jour le coût de cette grève.

Pour tirer profit du conflit, la compagnie à bas coûts EasyJet a mis en vente 1.000 places supplémentaires depuis Paris.

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