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Mozambique: l'arrestation de braconniers est une rare bonne nouvelle

14/09/2014 12:14 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - L'arrestation récente de six présumés braconniers dans une vaste réserve du Mozambique est considérée par les conservationnistes comme une rare bonne nouvelle dans un pays où les éléphants et d'autres espèces sont très fortement menacées.

Le réseau de braconnage était en activité dans la Réserve nationale Niassa, qui est deux fois plus grande que le principal parc national sud-africain de Kruger, où la population de rhinocéros a été durement touchée par ces chasseurs criminels, dont plusieurs franchissent la frontière et passent au Mozambique. Les arrestations effectuées le 7 septembre dans ce pays du sud de l'Afrique font suite à près d'une année d'enquête, soulignant du coup les défis de faire respecter la loi dans des régions éloignées où des braconniers armés effectuent des expéditions pouvant durer jusqu'à deux semaines, et qui tuent parfois des éléphants d'une seule balle visant les organes vitaux.

Quelque 200 éclaireurs appuyés par un avion et des vols intermittents d'hélicoptères travaillent à Niassa, une zone de 42 000 kilomètres carrés abritant environ les deux tiers des éléphants du pays. Les responsables du parc ont rejeté l'idée d'utiliser des drones pour effectuer de la surveillance aérienne, indiquant que la région boisée du nord du Mozambique, non loin de la Tanzanie, est simplement trop vaste.

Niassa est l'un des nombreux champs de bataille africains où les conservationnistes tentent de stopper les braconniers, qui ont tué annuellement des dizaines de milliers d'éléphants à travers le continent, ces derniers temps, en raison d'une hausse de la demande pour l'ivoire en Asie, principalement en Chine. Les autorités du parc mozambicain prévoient davantage d'opérations policières afin de tenter de déboulonner plusieurs réseaux qui y opèrent.

«Il est impossible de régler ce problème avec une approche réactive», a déclaré Alastair Nelson, directeur du programme mozambicain pour la Wildlife Conservation Society, qui gère le parc de Niassa en compagnie du gouvernement du Mozambique. Les récentes arrestations ciblaient un groupe lié à des réseaux de traite de l'ivoire en Tanzanie, et aurait tué des dizaines d'éléphants cette année, a dit M. Nelson. Quatre Tanzaniens font d'ailleurs partie des suspects arrêtés, et des défenses et des fusils ont été saisis, a-t-il précisé lors d'une entrevue téléphonique.

Les suspects, épinglés peu après minuit dans une maison située près de la réserve, sont entre autres accusés de possession illégale d'armes à feu et d'activités criminelles organisées. Les hommes risquent la prison.

Le Mozambique a été critiqué à l'international pour son laxisme envers le braconnage, mais de nouvelles lois ont durci les peines pour les braconniers: quiconque tue illégalement un animal membre d'une espèce protégée risque de croupir dans une cellule pendant huit ans, ou même jusqu'à 12 ans. Le gouvernement a également commencé à déployer des policiers environnementaux à Niassa et ailleurs.

De son côté, le ministère du Tourisme a fait savoir que le braconnage nuit au tourisme et au développement économique, et les autorités nationales ont reconnu que le pays était un point nodal pour le trafic des cornes de rhinocéros provenant de l'Afrique du Sud et transitant vers l'Asie.

La population des éléphants du Mozambique est en déclin depuis le début des années 1970, chutant de près de la moitié pour tomber à 20 000 bêtes, selon Philip Muruthi, premier directeur de la science de la conservation chez la African Wildlife Foundation. La réserve de Niassa en compte environ 20 000. Les braconniers ont tué 500 éléphants jusqu'à maintenant cette année et ont fait disparaître les rhinocéros du pays.

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