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L'État islamique décapite un autre otage, un travailleur humanitaire britannique

14/09/2014 10:10 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

LONDRES - Le travailleur humanitaire britannique David Haines a consacré sa vie à aider les civils dans les zones de guerre, et voilà comment sa mémoire devrait être soulignée, a indiqué sa famille, dimanche, alors qu'elle pleurait sa mort aux mains de militants de l'État islamique (EI) en Syrie.

M. Haines — le troisième Occidental à être décapité au cours des dernières semaines par l'EI — s'est engagé dans le travail humanitaire avec enthousiasme, a indiqué son frère Mike par communiqué. «Il aidait quiconque en avait besoin, sans égard à la race, l'appartenance ethnique ou la religion», a-t-il dit en parlant de son frère.

L'homme de 44 ans a été kidnappé en Syrie en mars 2013 alors qu'il travaillait pour l'Agence d'aide à la coopération technique et au développement (ACTED), pour aider les victimes des combats dans ce pays. Il a également travaillé pour des groupes tels que Handicap international, qui vient en aide aux handicapés en situation de conflit, et Nonviolent Peaceforce, qui déploie des soldats non armés pour maintenir la paix. Il s'était aussi trouvé en Libye pendant la guerre civile, ainsi qu'au Soudan du Sud. Au dire de Mike Haines, son frère serait par ailleurs passé dans les Balkans, sous l'égide des Nations unies, afin «d'aider les gens en ayant vraiment besoin».

La décapitation de M. Haines — et la menace explicite de l'EI contre un autre otage britannique — a suscité des appels encore plus nombreux pour que Londres participe aux frappes aériennes contre les militants, qui se sont emparés de vastes pans de la Syrie et de l'Irak.

Après une rencontre d'urgence avec ses responsables militaires et de la sécurité, le premier ministre britannique David Cameron a indiqué dimanche que les terroristes de l'EI représentaient une «énorme» menace qui ne peut être ignorée. «Ce ne sont pas des musulmans, ce sont des monstres», a dit M. Cameron après avoir qualifié M. Haines de «héros britannique».

M. Cameron n'a pas annoncé de nouvelles mesures militaires, mais a précisé que les forces britanniques continueraient d'offrir une aide logistique aux États-Unis, et que le contre-terrorisme serait renforcé, puisque l'EI prévoit des attaques contre la Grande-Bretagne. Le Foreign and Commonwealth Office britannique a dit ne pas voir de raison de douter de l'authenticité de la vidéo, qui fait suite à d'autres vidéos montrant la décapitation de journalistes américains.

L'homme masqué montré dans la plus récente vidéo, qui prend fin avec des images du corps de M. Haines, ressemble à l'homme apparu dans les précédentes vidéos de décapitation. Cet individu s'exprime avec un accent anglais similaire et, comme dans les deux autres vidéos, menace les captifs avec un grand couteau brandi de la main gauche.

Dimanche, toujours, M. Cameron a affirmé que la population britannique était dégoûtée par le fait que l'homme devant la caméra puisse être un ressortissant britannique.

La famille de M. Haines a adressé une demande aux geôliers la veille de la publication de la vidéo. Ils pressaient les extrémistes d'entrer en contact avec eux. Selon la famille, l'EI a ignoré les précédentes tentatives d'établir un canal de communication. Des responsables britanniques ont fait savoir qu'ils avaient fait tout ce qui était possible pour protéger le travailleur humanitaire. Une précédente tentative de libération par les forces américaines a cependant échoué, et il n'était pas possible de savoir si les autorités occidentales connaissaient la localisation précise des preneurs d'otages.

Les responsables britanniques ont tenu secrètes les nouvelles de l'enlèvement de M. Haines pour des raisons de sécurité jusqu'à ce que l'EI le montre dans une vidéo diffusée il y a près de deux semaines. Après ce nouveau meurtre, le président américain Barack Obama a fait savoir que les États-Unis se tiendraient aux côtés de la Grande-Bretagne dans le cadre d'une campagne encore plus vaste contre le groupe terroriste.

«Nous travaillerons avec la Grande-Bretagne et une large coalition de nations de la région et de partout dans le monde pour traîner les coupables en justice, et à saper et détruire cette menace envers la population de nos pays, de la région et de la planète», a-t-il dit. L'Allemagne et la France, qui accueillera dès lundi une conférence internationale sur la lutte contre l'EI, ont aussi condamné le meurtre du travailleur humanitaire.

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