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Les députés entament la session au Parlement sur fond de préparation électorale

14/09/2014 11:16 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - Les touristes cèdent leur place aux députés: les élus fédéraux reviennent lundi au Parlement à Ottawa et reprennent du collier en cette année cruciale de préparation électorale.

Le premier ministre Stephen Harper, qui veut garder le pouvoir, entend convaincre cette année les électeurs qu'il est toujours l'homme de la situation.

Il fera valoir son bilan économique pour faire contraster son expérience avec celle des autres chefs, Thomas Mulcair du Nouveau Parti démocratique (NPD) et Justin Trudeau du Parti libéral, a souligné son leader parlementaire, Peter Van Loan, en entrevue.

Selon ce dernier, le premier ministre misera, encore une fois, sur la création d'emplois et la réduction des impôts comme stratégie de campagne électorale.

Il est d'ailleurs prévu que M. Harper s'adresse à son caucus lundi matin au Parlement pour bien marteler ces objectifs cruciaux.

Miser sur l'économie avait fort bien marché aux élections de 2011, qui lui ont même permis d'obtenir un gouvernement majoritaire. Mais comme la situation économique a depuis repris du poil de la bête, la tactique pourrait être moins gagnante en 2015. C'est pourquoi pour maintenir la stratégie, il pourrait utiliser le fait que plusieurs crises sévissent dans le monde, comme en Ukraine, ce qui a un impact sur les échanges commerciaux, et, éventuellement, sur notre économie.

Quant à la création d'emplois, elle se fera entre autres par la signature d'accords de libre-échange qui permettra l'expansion des entreprises d'ici, a expliqué M. Van Loan.

Les dépenses du gouvernement seront toujours contrôlées: il demeure crucial pour les conservateurs de respecter leur objectif de «zéro déficit» à temps pour les élections, pour montrer aux Canadiens qu'ils ont été de bons gardiens de leur argent.

Côté législatif, le gouvernement conservateur va prioriser certains projets de loi comme celui de mise en oeuvre du budget, prévu à l'automne, et celui pour ratifier l'Accord de libre-échange avec l'Europe, une fois qu'il sera finalisé, a indiqué M. Van Loan.

Mais la première semaine donnera aussi un aperçu des priorités de Stephen Harper: un projet de loi pour combattre la contrefaçon de produits sera remis tout en haut de l'ordre du jour, comme celui sur la sûreté et la sécurité en matière énergétique, qui modernise le régime de sécurité dans les industries de l'énergie extracôtière et nucléaire.

Il est attendu que le projet de loi sur la prostitution continue d'être étudié à vitesse grand V, pour respecter le délai imposé par la Cour suprême du Canada.

Le fait que la session en cours soit une prémisse aux prochaines élections «ne change rien», affirme Peter Van Loan. «On va travailler très fort, comme toujours.»

Le scandale des dépenses au Sénat, qui a miné les conservateurs l'an dernier, promet de ne pas leur laisser de répit, dès le début de la rentrée: le sénateur suspendu Mike Duffy sera de retour en Cour dès mardi pour son procès pour fraude.

Et le premier ministre sera aussi jugé sur ses décisions quant à l'implication du Canada en Irak et dans son combat contre l'État islamique.

Quant aux néo-démocrates, pour se mettre en valeur en vue du prochain scrutin, ils entendent montrer aux Canadiens «ce que cela représente réellement de voter pour le NPD».

Et pour mousser l'expérience de son équipe — et la sienne —, le chef Thomas Mulcair a déjà commencé à présenter des idées et des promesses électorales, comme celle visant à restaurer le financement dans le domaine de la santé, et la création d'un système national de garde d'enfants, a souligné Peter Julian, le leader parlementaire de l'opposition officielle à la Chambre des communes.

«Les gens veulent voir des actions concrètes», croit-il. «En présentant maintenant nos promesses, les gens auront le temps de les examiner avant les élections».

Il anticipe d'ores et déjà la stratégie du gouvernement, soit celle de vanter son bilan économique. «Mais en terme de création d'emplois, cela a été terrible», dit-il, soulignant que beaucoup d'emplois créés sont en fait à temps partiel.

La tâche principale du parti est de faire en sorte que les gens, qui ont vu Thomas Mulcair comme un excellent chef, le voient désormais comme un premier ministre, résume M. Julian: «C'est la première fois qu'on est vus comme un gouvernement potentiel».

Les libéraux, qui ont toujours le vent dans les voiles dans les sondages, sont confiants. «Il s'agit de la dernière année du mandat majoritaire de M. Harper», a déclaré d'entrée de jeu le député Marc Garneau, en entrevue.

Il précise que cette année, les libéraux regardent tout à travers la lentille électorale.

Côté stratégie, ils entendent dénoncer les aspects nuisibles des projets de loi gouvernementaux avec une approche fondée sur la science, et qui garde en tête les besoins de la classe moyenne, affirme-t-il.

Pour marquer la rentrée, les libéraux vont notamment vanter les mérites du projet de loi privé de leur chef Justin Trudeau sur la transparence, dont l'objectif est de rendre l'information gouvernementale et du Parlement plus accessible au public.

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