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Les citoyens invités à scruter le travail de «sécurisation» des puits abandonnés

14/09/2014 05:06 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Des écologistes québécois reviennent à la charge pour exiger du gouvernement Couillard qu'il dresse un état de situation des centaines de puits de gaz de schiste et de pétrole abandonnés, tout en invitant les citoyens à faire eux-mêmes des inspections sur ces emplacements.

Dimanche, un groupe de citoyens membres du Collectif Moratoire Alternatives Vigilance Intervention (CMAVI) s'est pointé autour d'un puits de gaz abandonné à Sainte-Françoise, au nord de Plessisville, dans la MRC de Bécancour.

Le 30 août, le groupe avait, au même endroit, sensibilisé la population et le gouvernement au fait qu'il y avait, autour de ce puits fermé il y a plus de 30 ans, d'«importantes» fuites de méthane. Le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles a alors procédé à une opération de «sécurisation du puits», mais le Collectif estime que le tout n'a pas été réalisé parfaitement.

«L'évent du puits a été prolongé jusqu'à 5 mètres et le site a été clôturé pour en interdire l'accès, a dit l'organisme. On souhaite que ces mesures de "sécurisation" soient un prélude à une action plus sérieuse pour tenter de colmater la fuite de ce puits, qui s'étend sur un grand périmètre autour de l'évent, ainsi que des centaines d'autres puits au Québec», a ajouté le CMAVI.

Le regroupement souhaite donc que Québec procède à un inventaire des quelque 600 à 900 puits abandonnés et colmate les fuites s'il y a lieu. «Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques doit s'assurer qu'une équipe d'inspecteurs soit déployée et doit mettre en place un plan d'action avec un échéancier serré afin de colmater les fuites de gaz», a mentionné son porte-parole, Serge Fortier.

Mais en attendant, les écologistes lancent aussi une campagne intitulée «À la recherche des puits abandonnés: les citoyens passent à l'action!», invitant les citoyens à se rendre sur les lieux où se trouve un puits abandonné et à en évaluer l'état.

«Avant de commencer à forer d'autres puits, il faudrait commencer à vérifier si l'héritage qu'on nous laisse, ce n'est pas du poison», a tonné M. Fortier. «Actuellement, les puits qui ont été forés puis colmatés fuient quand même. Voulons-nous en avoir 20 000 de plus comme prévu, des puits qui vont fuir aussi, nécessitant des interventions aux frais des contribuables?», demande le porte-parole du mouvement citoyen.

Il y aurait, aux dires de M. Fortier, des fuites dans les deux tiers des puits abandonnés. «Le méthane s'échappe dans l'atmosphère. Personne ne le sait et ce n'est pas comptabilisé dans le bilan des gaz à effet de serre au Québec» a-t-il déploré.

En plus de détecter d'éventuelles fuites, le groupe a lancé un appel à tous afin de photographier tout emplacement visité et de partager les informations sur la plateforme www.cmavi.org.

«J'invite les gens à repérer les puits et à faire une évaluation. Et l'on pourra par la suite comparer notre liste avec celle du gouvernement», a ajouté Serge Fortier, qui souhaite aussi rencontrer le ministre David Heurtel afin qu'il démontre «sa bonne volonté» d'agir dans ce dossier.

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