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Écosse: Bernard Landry louange l'attitude du gouvernement britannique

14/09/2014 06:26 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST
PC

MONTRÉAL - Les Québécois ayant passé des décennies à se battre sans succès pour obtenir leur propre pays se retrouvent désormais à vivre passionnément à travers les Écossais. Alors que la campagne référendaire sur l'indépendance de l'Écosse tire à sa fin, les grands efforts du mouvement indépendantiste écossais ont été une source d'inspiration pour la cause souverainiste québécoise au moment où les nationalistes sont meurtris et divisés.

Le Parti québécois a encaissé une défaite électorale historique au printemps dernier, et certains grands noms du mouvement indépendantiste s'interrogent à savoir s'il ne faut pas mettre les idées de souveraineté au rancart. Tournant le regard vers l'Écosse, les séparatistes battus lors des référendums de 1980 et 1995, perdu de justesse, s'interrogent sur ce qui aurait pu se produire.

«Nous aurions dû le faire avant les Écossais, estime Daniel Turp, un important membre des forces indépendantistes lors de la campagne de 1995. Ils le font très bien. J'espère simplement qu'ils vont gagner.»

La campagne du Oui, en Écosse, aura même droit à sa délégation du Québec à l'occasion du vote de jeudi. M. Turp, ainsi que des membres du PQ et du Bloc québécois, feront partie d'un groupe de Québécois prévoyant se trouver en Écosse le jour du scrutin. Les Québécois ont également pris des notes sur les méthodes de travail du mouvement séparatiste écossais.

«Ils ont mené une campagne très, très positive, poursuit M. Turp, ancien député du PQ et du Bloc, et expert en droit constitutionnel. Je crois que nous devons en tirer des enseignements. Si le Québec veut être un pays, il doit y avoir plus d'attention accordée à ce que cela signifiera pour les Québécois, plutôt que de simplement dire qu'il s'agit de sortir du Canada.»

L'équipe du leader indépendantiste écossais Alex Salmond a d'ailleurs obtenu plus que des encouragements de la part du Québec. M. Turp estime que cette approche centrée sur le positivisme aurait pu être inspirée par des conseils provenant directement des Québécois. Au cours des dernières années, d'importants souverainistes comme M. Turp et l'ex-chef du PQ Bernard Landry ont rencontré des responsables du Parti national écossais (SNP). Comme l'indique M. Turp, des membres du camp du Oui — y compris lui-même — étroitement impliqués dans la campagne de 1995 ont rencontré des délégués du SNP à Montréal en 2011. Les Écossais, a-t-il ajouté, ont réclamé une série de rencontres à l'abri des médias, au cours desquelles les noms des participants seraient tenus secrets.

Malgré ces échanges, M. Salmond a tenté de garder ses distances en public face aux souverainistes québécois. En 2013, il a refusé une offre de la première ministre Pauline Marois, alors en visite officielle, de lui envoyer des documents remontant au référendum de 1995. Il a également évité d'être vu en sa compagnie, et son personnel a empêché les photographes de croquer un cliché des deux leaders côte à côte.

«Bien entendu, ils veulent gagner, et nous avons perdu», a mentionné M. Turp a propos de ces décisions.

Mais derrière des portes closes, au Québec, les Écossais ont posé des questions sur plusieurs sujets, y compris sur l'organisation de la campagne, la présentation des discours et les plans visant à obtenir des appuis internationaux en cas de victoire.

De son côté, M. Landry, dans une entrevue à La Presse Canadienne, affirme que le gouvernement britannique se comporte de façon «beaucoup plus légale et défendable» que le Canada l’a fait lors du référendum québécois de 1995.

M. Landry soutient que le gouvernement de David Cameron agit «avec élégance» dans ce dossier, puisqu’il entend reconnaître une éventuelle victoire du OUI en Écosse, jeudi prochain.

L’ex-chef péquiste souligne de plus que le gouvernement britannique a dévolu beaucoup plus de pouvoirs à l’Écosse ces dernières années, alors que le Canada «a fait le contraire».

Selon Bernard Landry, après deux référendums au Québec, l’Assemblée nationale a moins de pouvoirs aujourd’hui que «du temps où René Lévesque a été élu».

M. Landry affirme que les indépendantistes québécois «se sont fait voler» la victoire dans l’illégalité en 1995. Il signale que la Commission Gomery l’a bien démontré.

Commentant le référendum en Écosse, l’ancien premier ministre n’ose pas se prononcer sur la victoire du Oui. Sans présumer du résultat, il trouve toutefois «beau de voir un peuple courageux et fier se diriger vers le seul destin acceptable pour une nation, l’indépendance».