POLITIQUE

Référendum: plusieurs souverainistes se rendront en Écosse dans l'attente du grand soir

13/09/2014 08:12 EDT | Actualisé 13/09/2014 08:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
In this photo taken March 15, 2014 a man wears a multitude of 'yes' campaign badges during a pro-independence march in Edinburgh, Scotland for the upcoming vote on Scotland's independence from the United Kingdom. Scotland's swithering "middle million" has Britain's future in its hands. "Swithering" means wavering, and it's a word you hear a lot in Scotland right now. Six months from Tuesday, Scottish voters must decide whether their country should become independent, breaking up Great Britain as it has existed for 300 years. Faced with the historic choice, many find their hearts say "aye" but their heads say "why risk it?" Polls suggest as many as a quarter of Scotland's 4 million voters remain undecided, and their choice will determine the outcome. Many long to cut the tie binding them to England, but fear the risks _ and the financial fallout. (AP Photo/Jill Lawless)

QUÉBEC - De nombreux souverainistes se rendront en Écosse la semaine prochaine pour assister au référendum sur sa sécession du Royaume-Uni. Au moment d'écrire ces lignes, les camps du Oui et du Non étaient toujours au coude-à-coude, avec 17% d'indécis.

Le Huffington Post Québec s'est entretenu avec quatre souverainistes qui feront le voyage en Écosse. Les députés péquistes Alexandre Cloutier et Martine Ouellet profiteront de leur voyage pour réfléchir à la stratégie référendaire du Québec. Pour sa part, le nouveau président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal espère créer des liens avec d'autres mouvements indépendantistes. Finalement, le délégué de Québec solidaire rencontrera les mouvements communautaires et les syndicats écossais.

Mais tous souhaitent être sur place pour vivre une éventuelle victoire du Oui. Nous avons également demandé à chacun où ils se trouvaient le soir du référendum de 1995. Lisez leurs réponses au bas de chaque texte.

Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean (PQ)

style="float: Candidat pressenti à la succession de Pauline Marois, Alexandre Cloutier profitera de son passage en Écosse pour alimenter sa réflexion sur la «bonne démarche à suivre pour le mouvement souverainiste québécois». «J'entends bien terminer ma réflexion lorsque je vais être sur place, dit-il. J'ai une bonne idée de ce que je devrais proposer ici au Québec.»

Il précise que sa «réflexion» porte sur la stratégie référendaire, et non sur sa possible candidature à la chefferie du PQ. «Je pense qu'il est temps pour nous d'avoir une stratégie de 2014, ajoute-t-il. On a essayé une stratégie en 1980 et une autre en 1995; je pense que juste répéter ce que nous avons fait par le passé ne m'apparaît pas suffisant.»

Alexandre Cloutier rencontrera notamment des groupes des communautés culturelles qui appuient le camp du Oui. «Dans plusieurs communautés, l'appui au Oui est plus élevé que dans la population en général, dit Alexandre Cloutier. Ça indique qu'ils ont réussi à faire une place importante aux nouveaux arrivants. Et ça, ça m'apparaît être fondamental et nécessaire plus que jamais au Québec.»

Pour le jeune député péquiste, la soirée référendaire sera également la conclusion d'une longue collaboration avec les indépendantistes écossais. Au fil des ans, Alexandre Cloutier a tissé des liens avec le Scottish National Party. Il a assisté à des congrès du parti, en plus d'être consulté par des élus du SNP en vue de leur démarche référendaire.

Comme plusieurs autres élus péquistes, Alexandre Cloutier apprécie la «clarté» de la démarche écossaise. «De toute évidence, ça a fonctionné, dit-il. Jamais on n’aurait pensé qu'ils se rendraient là où ils sont rendus aujourd'hui.»

Où étiez-vous le 30 octobre 1995?

Le jour du référendum de 1995, Alexandre Cloutier venait à peine d'avoir 18 ans et exerçait son droit de vote pour la première fois. C'est au Colisée de Québec que le jeune homme a suivi le dévoilement du résultat en direct. «J'ai vécu d'espoir et de déception», résume-t-il.

Martine Ouellet, députée de Vachon

style="float: Tout comme son collègue Alexandre Cloutier, la députée péquiste Martine Ouellet ira en Écosse pour observer la démarche référendaire. «Ils ont un projet qui ressemble beaucoup à ce qu'on veut faire au Québec», note celle qui pourrait se porter candidate à la succession de Pauline Marois.

Est-ce que son voyage alimentera sa réflexion sur la course à la chefferie? «Dans tous les cas, être sur place alimente la réflexion pour quelqu'un qui veut construire un pays», dit-elle, sybilline.

Martine Ouellet ajoute qu'elle apprécie l'approche retenue par le Scottish National Party. «C'est une démarche qui est très claire, transparente, ouverte», dit-elle, ajoutant être inspirée par l'approche écossaise. Elle note par exemple que les souverainistes écossais font valoir des arguments économiques pour convaincre les électeurs.

Sur place, la députée de Vachon rencontrera des représentants du camp du Oui, en plus de donner une conférence devant les jeunes Québécois du groupe Québec-Monde. La veille du scrutin, Martine Ouellet participera à une grande marche en faveur du Oui.

Après le référendum, l'ex-ministre des Ressources naturelles profitera de son voyage pour se rendre en Norvège, pour étudier l'électrification des transports dans le pays scandinave.

Fait à noter, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier rateront la rentrée parlementaire le 16 septembre, en raison de leur voyage en Écosse.

Où étiez-vous le 30 octobre 1995?

Membre de l'exécutif national du PQ, Martine Ouellet a suivi la soirée électorale dans les locaux du parti à Longueuil. «Pendant une demi-heure, je croyais qu'on l'avait et c'était un sentiment extraordinaire de sentir que le peuple du Québec se faisait confiance.»

Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

style="float: Le nouveau président de la SSJB Montréal s'est envolé cette semaine pour un voyage en Europe où il rencontrera les représentants de divers peuples luttant pour leur indépendance. Ainsi, Maxime Laporte s'arrêtera d'abord en Espagne pour rencontrer les élus de la Catalogne. Une conférence du Modern Security Consulting Group en Allemagne sera ensuite l'occasion de rencontrer des représentants catalans, écossais et kurdes. Maxime Laporte fera partie d'une délégation d'une quinzaine de personnes sous le nom « Mission : Faire lever le vent ».

Le soir du référendum, le président de la SSJB Montréal sera aux premières loges pour cet événement qu'il qualifie d'«historique». «C'est un peu assister au déroulement de l'histoire, c'est un privilège», dit Maxime Laporte. Le 18 septembre, il assistera d'abord au dépouillement du vote en compagnie d'observateurs internationaux. Ensuite, il attendra le dévoilement du résultat en compagnie du Scottish National Party. «On est assez fébriles», a-t-il confié quelques heures avant de prendre l'avion.

Pour Maxime Laporte, ces échanges culturels démontrent la «solidarité» et l'«amitié» entre des peuples qui aspirent à l'indépendance. Il cite un échange de drapeaux tenu le 9 septembre entre un délégué de la SSJB et la présidente catalane. «Ça a été un moment de solidarité rempli d'émotion», dit-il.

Où étiez-vous le 30 octobre 1995?

Âgé de 26 ans, Maxime Laporte est le plus jeune président de l'histoire de la SSJB Montréal. En 1995, il n'avait que 8 ans. Les parents du futur leader souverainiste étaient «très fédéralistes», note-t-il, sans être militants. «Mais déjà, je ne comprenais pas dans ma tête d'enfant comment on peut gagner en disant 'Non'», dit-il.

Alexandre Leduc, délégué officiel de Québec solidaire

style="float: Délégué officiel de Québec solidaire, Alexandre Leduc se rendra en Écosse pour observer le rôle des centrales syndicales. Le conseiller syndical à l'Alliance de la fonction publique du Canada souligne que les centrales syndicales ont toujours joué un rôle important dans le mouvement souverainiste québécois. En Grande-Bretagne, toutefois, les grands syndicats appuient plutôt le camp du Non.

Pour Alexandre Leduc, l'expérience lui permettra de se «ressourcer» sur les méthodes et les types de discours des acteurs des deux camps. Par exemple, le délégué de Québec solidaire note que le camp du Oui écossais ne mise pas sur l'identité ethnique pour galvaniser sa base électorale. «Contrairement à Pauline Marois et ce que le PQ s'enlignait pour faire advenant une majorité et un troisième référendum», dit Alexandre Leduc, citant le débat sur la Charte des valeurs.

Sur place, le jeune syndicaliste accompagnera une délégation du Réseau Québec-Monde, qui se targue de faire du «tourisme politique». La cinquantaine de délégués résidera dans deux maisons louées pour l'occasion. «Chaque jour, nous allons rencontrer des militants, des professeurs, des députés, des analystes, des journalistes», s'enthousiasme Alexandre Leduc. Il souligne que des fédéralistes et des «gens plus neutres» feront également partie du voyage.

Le délégué de Québec solidaire tentera également de rencontrer des acteurs des mouvements sociaux, les alliés naturels de son parti au Québec.

Où étiez-vous le 30 octobre 1995?

«J'étais petit, je devais avoir environ 10 ans. Je ne me souviens pas d'avoir regardé les résultats du référendum à la télévision, alors j'imagine que je terminais mon costume d'Halloween.» C'est justement parce qu'il n'a pas eu «la chance» de vivre un référendum au Québec qu'il se rendra en Écosse, explique Alexandre Leduc.

Les désirs d'indépendance dans le monde