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L'astronaute Jeremy Hansen espère se rendre dans l'espace d'ici 2020

13/09/2014 03:49 EDT | Actualisé 13/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Expéditions géologiques dans le Haut-Arctique, passages de plusieurs jours dans des cavernes... et désormais séjour d'une semaine dans un environnement sous-marin: l'astronaute canadien Jeremy Hansen espère que ces exploits lui permettront de mettre le cap sur l'espace d'ici 2020.

Hansen, né à London, en Ontario, précise qu'aucun calendrier précis n'a été avancé, mais il estime qu'il aura l'occasion de goûter aux joies de l'apesanteur avant la fin de la décennie.

En entrevue vendredi avec La Presse Canadienne, l'astronaute dit croire qu'il s'envolera d'ici les six prochaines années. De son côté, la NASA indique qu'aucun Canadien ne prendra la direction de la Station spatiale internationale (ISS) à court terme, puisque tous les vols sont déjà complets d'ici la fin de 2016. Une autre opportunité pourrait toutefois se présenter en 2019-2020.

Hansen, aussi pilote de CF-18, a noté que pour la première fois dans l'histoire, des compagnies commerciales comme SpaceX, aux États-Unis, construisent des fusées qui emporteront des humains dans l'espace. Selon lui, cela fera baisser le prix des voyages spatiaux. «Tout va changer», croit-il, avant d'ajouter que l'avenir sera radieux pour les Canadiens dans l'espace. Il entend d'ailleurs en faire partie.

L'astronaute âgé de 38 ans a présenté ce point de vue en direct d'Aquarius, un laboratoire sous-marin situé à environ six kilomètres au large de Key Largo, en Floride. Il fait partie de la mission NEEMO 19, qui se déroule 19 mètres sous la surface dans des conditions ressemblant étroitement celles d'un environnement spatial. L'acronyme NEEMO signifie d'ailleurs NASA Extreme Environment Mission Operations, ou Opérations de mission en environnement extrême de la NASA.

Hansen, qui doit revenir sur la terre ferme dimanche, a effectué des simulations de sortie dans l'espace, en plus de tester des outils et des techniques pouvant être employés pour s'adapter à différentes intensités de gravité qui seront vécues sur des astéroïdes, sur Mars ou encore sur les lunes de la planète rouge.

«Ce que je vois, c'est que tout le monde se concentre sur le développement des infrastructures nous permettant d'atteindre de multiples destinations», dit-il.

En 2010, le président américain Barack Obama avait mis la NASA au défi d'envoyer des astronautes en direction d'un astéroïde. Mais la réaction au Congrès en faveur d'une telle mission fut peu enthousiaste. «L'astéroïde est un sujet débattu de façon régulière. La NASA parle souvent [d'y envoyer des humains], mais à l'Agence spatiale canadienne, nous ne nous sommes pas (encore) engagés en ce sens, mais cela ne veut pas dire que nous ne le ferons pas», indique Hansen.

Le but ultime, poursuit-il, est Mars.

L'habitat sous-marin de l'astronaute ressemble, de par sa taille, aux modules de l'ISS, et ses collègues et lui-même ont dû surmonter certains défis semblables à ceux vécus dans l'espace — y compris des délais dans leurs communications avec la surface. «Lorsque nous irons sur Mars ou sur un astéroïde, par exemple, nous aurons un retard important dans les communications, alors, pour notre mission ici, nous simulons un retard de cinq minutes dans les transmissions, et ce dans les deux sens.»

Parmi les coéquipiers de Hansen, on trouve l'astronaute de la NASA Randy Bresnik, Andreas Mogensen de l'Agence spatiale européenne (ESA), ainsi que le chef de la formation extra-véhiculaire de l'ESA Hervé Stevenin.

Un autre astronaute canadien, David Saint-Jacques, a participé à une mission NEEMO en 2011, tout comme les astronautes à la retraite Chris Hadfield, Dave Williams et Bob Thirsk, tous au cours de missions précédentes.

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