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Historiens et écrivains continuent d'être fascinés par la Grande Guerre

13/09/2014 10:52 EDT | Actualisé 13/11/2014 05:12 EST

TORONTO - La Première Guerre mondiale a commencé il y a 100 ans mais il existe encore des faits erronés au sujet de ce conflit, déplore l'historien Gwynne Dyer.

«Plusieurs des choses auxquelles croient un grand nombre de gens sont fausses: les généraux étaient tous des idiots ou encore le conflit n'a été qu'une longue guerre de position, a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique. C'est important, car nous combattions pour défendre nos libertés».

L'ancien marin a analysé les mythes entourant le rôle du Canada dans la Grande Guerre — et dans les autres conflits auxquels le pays a participé — dans son nouveau livre: «Canada in the Great Power Game 1914-2014», publié chez Random House Canada.

«La Première Guerre mondiale me sert d'appât pour étudier 100 ans d'histoire militaire canadienne et de politique étrangère. C'est un peu cynique mais c'est légitime car nos réflexes se sont formés à cette époque.»

Dyer n'est pas le seul auteur qui tente de profiter du centenaire de la Grande Guerre.

Dans «Vers la grande guerre : Comment l'Europe a renoncé à la paix», l'historienne Margaret MacMillan étudie les facteurs et les décisions qui ont mené l'Europe à mettre un terme à une longue période de paix et de prospérité pour se jeter dans un conflit catastrophique.

Le romancier Michael Winter donne son point de vue sur le Régiment royal de Terre-Neuve et la bataille de la Somme, dans «Into the Blizzard».

Le journaliste John Nadler raconte, dans «Valour Road», l'histoire vraie de trois soldats canadiens, Leo Clarke, Robert Shankland et Frederick Hall, tous trois décorés de la Croix Victoria pour actes de bravoure au cours du conflit. Ces trois hommes habitaient la même rue dans les faubourgs de Winnipeg.

«Je ne connais aucun exploit de ce genre dans tout l'ancien empire britannique, affirme l'auteur. C'est fascinant car ce n'est pas une longue rue. Ce ne sont que quelques pâtés de maisons. Lui, il vit ici, l'autre là et le dernier de l'autre côté de la rue.»

Nadler a dit avoir voulu écrit ce livre après qu'il eut terminé de rédiger «A Perfect Hell», un bouquin sur les commandos canadiens de la Deuxième Guerre mondiale, il y a plusieurs années. Au cours de ses recherches, il s'est lié de près avec des descendants de ces héros.

«Plus mes recherches avançaient, plus je réalisais ces hommes, aussi extraordinaires soient-ils, ne l'étaient pas plus que plusieurs autres qui n'ont pas été décorés. Cette rue était aussi typique que plusieurs autres rues du pays.»

Du côté des auteurs francophones, Lux publie «Québec sous la Loi des mesures de guerre» de Jean Provencher. L'historien y narre l'opposition des Québécois francophones à la conscription et les cinq jours d'émeute qui ont coûté la vie à quatre personnes dans la Vieille Capitale au printemps 1918.

«Cette guerre sera examinée et analysée au cours des prochaines décennies, des prochains siècles. Les historiens continueront de changer d'avis. Les idées continueront d'évoluer, note Nadler. De notre point de vue, (cette guerre) est une calamité, une catastrophe. Elle n'aurait jamais dû se déclencher mais elle s'est déroulée. Elle a tout changé, elle a tout ruiné. Mais il y aura d'autres interprétations, d'autres perspectives.»

Nadler rappelle que le pays comptait alors moins de huit millions d'habitants. Au total, 620 000 Canadiens se sont enrôlés. Le bilan a été lourd: 61 000 morts et 172 000 blessés.

«Ce fut une calamité qui a touché tout le pays. Très, très peu de communautés n'ont pas été touchées par ce conflit.»

La Grande Guerre a changé le Canada, poursuit Nadler.

«Elle a amené le Canada à prendre de l'assurance sur la scène internationale. Il a davantage fait entendre sa voix dans l'empire britannique.»

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