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#WhyIStayed: à l'assaut des réseaux sociaux pour dénoncer la violence conjugale

12/09/2014 04:00 EDT | Actualisé 12/09/2014 04:04 EDT
GETTY

"Parce que je pensais que l'amour triompherait", "pour que mes enfants aient leur père", "parce que j'étais enceinte": le scandale d'un footballeur américain filmé frappant sa compagne a lancé aux Etats-Unis un débat national sur les violences conjugales.

En moins de quatre jours, 213 000 messages ont été postés sur Twitter, en majorité par des femmes, avec le mot-clé "WhyIStayed" (Pourquoi je suis restée) alors que 60 000 expliquaient #WhyILeft (Pourquoi je suis partie).

Chacune raconte en quelques mots des histoires que l'on devine déchirantes: "Parce qu'il m'a dit qu'il me tuerait", "parce qu'il me faisait comprendre que je ne valais rien et qu'il prendrait mon fils", "parce qu'il aurait fallu expliquer mon départ et j'avais honte", "parce que je voulais croire qu'il y avait quelque chose de bien en lui", "parce que je n'avais nulle part où aller".

D'autres racontent pourquoi elles sont parties, revers de la même médaille: "Parce que je voulais que mon fils ait une mère", "parce qu'il me traitait comme mon père traitait ma mère", "parce qu'après des années de violences, j'ai su que j'allais mourir cette nuit alors je suis partie à toute vitesse, sans chaussures".

Selon l'association de lutte contre les violences conjugales NCADV, 42,4 millions d'Américaines ont eu à subir des violences d'un conjoint dans leur vie. Selon le centre de contrôle des maladies (CDC), 1 300 personnes en meurent chaque année, soit entre trois et quatre chaque jour en moyenne.

A l'origine de la campagne et son intitulé #WhyIStayed, Beverly Gooden, militante associative et ancienne victime, a raconté qu'elle en avait "assez de voir critiquées les femmes qui restent alors qu'elles sont battues". "Personne ne sait ce qui arrive jusqu'au jour où on prend la porte", dit-elle sur son compte Twitter @bevtgooden.

"Tolérance zéro"

Le débat fait suite à un scandale de violences conjugales qui n'en finit plus de faire des remous aux Etats-Unis.

Lundi, l'équipe de football américain des Baltimore Ravens a mis un terme au contrat d'un de ses joueurs, Ray Rice, 27 ans, filmé dans un ascenseur en train de frapper au visage et de traîner par terre, inconsciente, Janay Palmer, qui était alors sa fiancée. Ils se sont depuis mariés.

L'agression a eu lieu en février 2014 mais la vidéo complète de l'agression n'a été diffusée que cette semaine par le site d'information people TMZ, déchaînant une cascade de réactions, de l'opinion publique, de la ligue de football NFL mais aussi de Janay Palmer, devenue Janay Rice.

"Nous faire revivre un moment de notre vie que nous regrettons chaque jour est horrible", a-t-elle fait savoir lundi sur Instagram, en s'en prenant aux médias et en faisant encore rebondir le débat avec son emploi du "nous" qui l'associe aux violences.

Jeudi, 16 sénatrices des deux camps démocrate et conservateur ont demandé par lettre à la NFL d'adopter une politique de "tolérance zéro" et d'exclure, et non simplement de suspendre temporairement, tout joueur coupable de violences.

Vendredi, Robin Givens, ex-épouse et ex-victime du boxeur Mike Tyson, a indiqué sur NBC "que le débat avait changé grâce à cette vidéo et aux réseaux sociaux".

"On ne peut plus autant tout cacher. Je pense à ce que j'ai vécu si cela avait été filmé. Quand c'est filmé, tout de suite le débat est différent", a-t-elle dit.

TMZ "avait déjà montré la photo du visage meurtri et gonflé de Rihanna mais évidemment, elle ne montre pas le moment des coups", indique à l'AFP Lenore Walker, professeure du centre d'études psychologiques de l'université Nova Southeastern, évoquant la chanteuse battue en 2009 par son petit ami d'alors, le rappeur Chris Brown.

"L'opinion publique est alertée quand il s'agit de célébrités, puis tout s'oublierait s'il n'y avait le travail des associations", dit cette directrice d'un Institut sur les violences conjugales. "Espérons que rien ne sera oublié cette fois".

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