POLITIQUE

Affaire Turcotte: le sénateur Boisvenu pense que les criminels sont facilement libérés

12/09/2014 04:37 EDT | Actualisé 12/09/2014 04:37 EDT
CP

La libération de Guy Turcotte a provoqué de vives réactions, vendredi, de la part de la famille des victimes et du sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu.

Un oncle des petites victimes, Anne-Sophie et Olivier, a notamment explosé devant les caméras de Radio-Canada à sa sortie de la salle d'audience où la libération de l'homme qui a tué sa nièce et son neveu venait d'être ordonnée. Le frère d'Isabelle Gaston, Patrick, a qualifié Guy Turcotte de « manipulateur sadique ».

Hors de lui, Patrick Gaston a vilipendé le système judiciaire qui, selon lui, a accordé les services d'un groupe d'experts et de médecins à Guy Turcotte pour l'aider et lui permettre de recouvrer sa liberté alors que les victimes dans cette affaire, elles, n'ont eu droit à rien. « Moi l'article 16, je n'y ai pas droit », a lancé Patrick Gaston.

Article 16 du Code criminel canadien :

« La responsabilité criminelle d'une personne n'est pas engagée à l'égard d'un acte ou d'une omission de sa part survenu alors qu'elle était atteinte de troubles mentaux qui la rendaient incapable de juger de la nature et de la qualité de l'acte ou de l'omission, ou de savoir que l'acte ou l'omission était mauvais. »

Selon lui, absolument rien ne garantit que Guy Turcotte n'arrêtera pas sa médication une fois en liberté ou qu'il ne connaisse pas de nouveaux épisodes meurtriers après ce qu'il a fait à ses deux enfants.

M. Gaston a martelé qu'il n'acceptera jamais cette décision, qu'il dit recevoir comme une insulte à sa famille et à la mémoire des victimes.

Le sénateur Boisvenu en rajoute

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu s'est fait l'écho politique de la sortie de M. Gaston. « Cela est un affront à ses victimes et aux Canadiens qui respectent la loi », a déclaré M. Boisvenu par voie de communiqué. « Je constate, avec regret, que notre système de justice libère trop facilement les individus qui ont commis des crimes graves ou qui sont accusés de les avoir commis », déplore-t-il.

« Ces libérations avant procès discréditent trop souvent le système judiciaire. »

— Pierre-Hugues Boisvenu

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu. À l'arrière, le ministre de l'Industrie, James Moore, et le ministre de la Justice et procureur général du Canada, Peter MacKay.Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu. À l'arrière, le ministre de l'Industrie, James Moore, et le ministre de la Justice et procureur général du Canada, Peter MacKay.

Le sénateur prétend même que Guy Turcotte a « avoué sa culpabilité aux deux chefs d'accusation de meurtre au premier degré [...] ».

« Je me joins aux victimes et aux Québécois qui ont le bon sens de croire que ce meurtrier devrait rester en prison », poursuit M. Boisvenu. Ce dernier espère que la justice fera passer la sécurité des Canadiens au premier plan lors du nouveau procès de Guy Turcotte.

M. Boisvenu se félicite que le gouvernement conservateur ait introduit la Loi sur la réforme de la non-responsabilité criminelle. Il croit que cette loi préviendra d'autres cas du genre de celui de M. Turcotte.

Réaction tempérée du DPCP

À sa sortie du tribunal, le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, René Verret, a déclaré que la décision du juge André Vincent n'allait, bien entendu, pas dans le sens qu'il aurait voulu, mais qu'il faut respecter la décision du tribunal.

Précisant que le document de 18 pages sera attentivement relu et analysé par la Couronne, Me Verret a expliqué qu'il valait mieux être prudent.

« La prudence nous commande toujours de prendre un peu de recul et de ne pas réagir avec émotion devant une décision qui est rendue. »

— René Verret

Guy Turcotte libéré

Âgé de 42 ans, Guy Turcotte a été remis en liberté par le tribunal en attendant la tenue de son deuxième procès pour le meurtre de ses deux enfants survenu en 2009. Selon le juge, l'accusé ne représente pas un danger pour la société.

La Cour d'appel du Québec a recommandé, en novembre dernier, la tenue d'un nouveau procès, car elle estimait que le magistrat qui avait dirigé le premier procès avait commis des erreurs dans ses instructions au jury. Lors d'un premier procès, un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux avait été rendu.

Guy Turcotte avait été remis en liberté à la fin de 2012, moins d'un an et demi après le jugement. Il s'était ensuite retrouvé en détention à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal.

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