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Les prescriptions de fortes doses d'opiacés sont en hausse au pays

12/09/2014 07:41 EDT | Actualisé 12/09/2014 07:42 EDT
Getty
Morphine vial.

Une nouvelle étude indique que les prescriptions pour de fortes doses de médicaments opiacés comme l'oxycodone et la morphine ont connu une croissance de 23 pour cent au Canada entre 2006 et 2011, malgré des normes demandant aux médecins de ne pas fournir de telles doses à la plupart des patients.

Des chercheurs de l'hôpital St. Michael de Toronto et de l'Institute for Clinical Evaluative Sciences ont constaté que les taux de prescription de telles doses d'opiacés au Canada sont passées de 781 unités par 1000 personnes en 2006 à 961 unités en 2011. En d'autres termes, ces données équivalent à près d'un comprimé d'opiacé à forte dose pour chaque personne au pays.

Les taux de prescription sont demeurés relativement stables au cours de cette période de six ans en Alberta et en Colombie-Britannique, tandis qu'ils augmentaient de façon dramatique à Terre-Neuve et en Saskatchewan. L'Ontario est en tête de file, avec 1382 unités pour 1000 personnes, tandis que le Québec est en queue de peloton, avec 368 unités.

Le choix de l'opiacé à prescrire varie également en fonction des provinces. En Alberta et en Ontario, l'oxycodone est le choix de prédilection, tandis que les médecins de la Colombie-Britannique se tournent plutôt vers la morphine. Selon Tara Gomes, principale auteure de l'étude, ses conclusions portent à croire qu'une stratégie nationale est nécessaire en la matière, mais que des approches différentes pourraient s'avérer essentielles pour chaque province.

Plus de 180 millions d'unités d'opiacés en tablettes et timbres ont été distribués à travers le pays pendant la période où l'étude a été menée.

Le Canada et les États-Unis sont les pays où l'on prescrit le plus de ces médicaments au monde. En moyenne, plus de 30 millions de tablettes et de timbres à forte dose de ces médicaments créant de fortes dépendances sont distribués à toutes les années au Canada.

"Ces résultats ont d'importantes conséquences en matière de santé et de politiques publiques, en raison des risques importants de surdose chez les personnes soignées à l'aide de fortes doses de ces médicaments", mentionne Mme Gomes.

Jusqu'à récemment, les normes cliniques ne recommandaient aucune dose maximale, et plusieurs experts ont suggéré que la dose pouvait être augmentée sans grand danger.

Des doses d'opiacés dépassant 200 milligrames de morphine par jour sont toutefois aujourd'hui considérées comme "doses à surveiller", selon les nouvelles pratiques cliniques. Celles-ci, mises en place en 2009, recommandent que le personnel soignant évalue les risques de dépendance et de surdose avant de prescrire une dose qui surpasse ce seuil.

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