POLITIQUE

Attentat du Métropolis: Richard Bain se représentera lui-même à son procès

12/09/2014 05:35 EDT | Actualisé 12/09/2014 08:10 EDT
CP

Richard Henry Bain, accusé relativement à la fusillade survenue lors du rassemblement du Parti québécois lors de la soirée électorale de 2012, se retrouve encore une fois sans avocat, et se représentera lui-même à son procès.

L'homme affirme avoir rencontré environ dix avocats depuis 2012, mais estime qu'aucun n'aurait réussi à le défendre convenablement.

Son dernier avocat s'est officiellement retiré du dossier vendredi, après avoir présenté une requête au juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure du Québec.

"Je veux mon procès, mon procès est dans quatre mois", a demandé Bain au juge, insistant qu'il ne exigerait pas l'aide d'un autre avocat.

"Je veux tourner la page", a-t-il ajouté.

L'ancien avocat de l'accusé, Marcel Guérin, a indiqué que son départ avait été motivé par un "bris de confiance". Il n'a pas fourni de plus amples détails, insistant que la "motion (parlait) d'elle-même".

M. Bain a avancé que certains de ses anciens avocats avaient été la cible de menaces lorsqu'ils avaient accepté de s'occuper de son procès "politique", tandis que d'autres n'ont pas répondu.

"Je n'ai pas gagné leur confiance et ils n'ont pas gagné la mienne", a-t-il résumé.

Déjà, des problèmes sont survenus en l'absence d'un avocat lors de l'audition de vendredi. Bain a voulu réclamer sa libération conditionnelle, mais il ne connaissait pas la procédure adéquate. Le juge Cournoyer et le procureur de la Couronne, Matthew Ferguson, étaient réticents à lui donner des conseils juridiques.

Une conférence préparatoire au procès a été reportée au 24 octobre pour exposer toute la preuve, malgré les protestations de Bain, qui affirmait être déjà prêt. À cette date, l'accusé demandera probablement une libération conditionnelle pour se préparer à son procès.

Il a d'ailleurs déposé vendredi plusieurs requêtes qui n'étaient pas numérotées au-delà des 20 premières pages, a fait remarquer le juge. L'accusé s'est confondu en excuses, justifiant qu'il en était à sa première fois.

"Vous êtes accusé du crime le plus important dans le livre, alors nous allons prendre notre temps", a rétorqué le juge.

Bain a d'ailleurs témoigné de sa confiance au système de justice.

"Je crois au système de justice et je crois que vous m'offrirez un procès juste", a-t-il déclaré, en s'adressant au juge et au procureur de la Couronne

Le procès doit commencer le 19 janvier 2015, avec la présentation des motions préalables. Le jury serait choisi la semaine suivante. Mais à la suite des plus récents développements, il n'a pas été possible de savoir si cet échéancier serait respecté.

Richard Henry Bain est accusé de meurtre prémédité et de tentative de meurtre à la suite de l'attaque perpétrée au Métropolis de Montréal le 4 septembre 2012, alors que la première ministre élue, Pauline Marois, célébrait avec députés et militants l'élection d'un gouvernement minoritaire du Parti québécois.

Le technicien aux éclairages Denis Blanchette est mort par balle et son collègue David Courage a été grièvement blessé, alors que les deux hommes se trouvaient près d'une sortie de secours de la salle de spectacle du centre-ville, où Mme Marois livrait son discours.

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