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État islamique: la coalition internationale s'organise

11/09/2014 09:34 EDT | Actualisé 11/11/2014 05:12 EST

JEDDAH, Arabie saoudite - La coalition internationale qui doit faire face aux militants du groupe extrémiste État islamique s'organisait lentement, jeudi.

Plusieurs leaders du Moyen-Orient étaient ainsi réunis à Jeddah, en Arabie saoudite, pour discuter du dossier. Le secrétaire d'État américain John Kerry s'est rendu sur place pour prendre le pouls des contributions qui peuvent être attendues.

Une quarantaine de pays se seraient déjà engagés à collaborer à ce qui sera, selon M. Kerry, un effort mondial pour écraser l'État islamique. La France a offert, mercredi, de prendre part à des frappes aériennes contre les combattants extrémistes en Irak si la mesure est jugée nécessaire.

Le président américain Barack Obama a détaillé, mercredi soir, la stratégie que son pays entend adopter face à l'État islamique. Il a entre autres évoqué des frappes aériennes contre les militants en Irak, de premières frappes en Syrie et un renforcement de l'armée irakienne et des rebelles syriens modérés pour leur permettre de reprendre les territoires saisis par l'État islamique.

M. Kerry tente d'étoffer la coalition au Moyen-Orient, notamment grâce à l'appui des Arabes sunnites alliés à Washington et de la Turquie, un membre de l'OTAN. L'Arabie saoudite aurait déjà offert ses bases militaires pour entraîner les rebelles syriens modérés. Des pays du golfe Persique pourraient fournir des armes, de la formation, des renseignements et une aide logistique.

En fin de journée jeudi, l'Arabie saoudite, d'autres pays du golfe, l'Égypte, la Jordanie, le Liban et l'Irak ont publié un communiqué commun dans lequel ils s'engagent à «faire leur part», notamment en agissant pour empêcher de nouveaux combattants de rejoindre le groupe et possiblement en participant à des frappes militaires.

Ils ont aussi promis d'augmenter leurs appuis au nouveau gouvernement irakien qui tente d'unir ses citoyens pour lutter contre les militants, et ils ont discuté de stratégies pour «détruire» le groupe «où qu'il soit, y compris en Irak et en Syrie».

La Turquie, qui est membre de l'OTAN, a assisté à la rencontre mais n'a pas signé ce communiqué.

La Syrie et l'Iran, en revanche, ont critiqué l'administration Obama pour leur exclusion de cette coalition, pendant que différents groupes syriens d'opposition se réjouissaient d'éventuelles frappes aériennes américaines en Syrie.

Le quotidien syrien al-Thawra a prévenu que ces frappes pourraient être «l'étincelle qui enflamme la région». De son côté, l'Iran estime que cette coalition est «ambiguë», puisque certains membres auraient appuyé des terroristes en Irak et en Syrie dans le passé.

Le ministre allemand des Affaires étrangères a révélé que les pays membres du G7 — dont le Canada — se rencontreront d'ici la fin du mois pour tenter d'élaborer une stratégie politique commune face à l'État islamique.

Frank-Walter Steinmeier a déclaré aux parlementaires allemands, jeudi, qu'il a convoqué ses homologues à une rencontre en marge de l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York. Des pays arabes seront aussi invités à participer aux discussions.

La France, de son côté, a invité des représentants de l'Europe, du Royaume-Uni, des États-Unis, de la région arabe et la Russie à se rendre à Paris, lundi, pour discuter d'une stratégie face à l'État islamique. Londres a déjà exclu de participer à des frappes aériennes contre le groupe.

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