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Oscar Pistorius n'est pas coupable de meurtre, dit la juge

11/09/2014 06:56 EDT | Actualisé 11/11/2014 05:12 EST

PRETORIA, Afrique du Sud - La juge au procès pour meurtre du champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius a déclaré jeudi qu'il ne peut être reconnu coupable de meurtre, mais qu'il a été négligent lors de la mort de sa petite amie Reeva Steenkamp, l'an dernier.

Cela soulève la possibilité que Pistorius puisse être reconnu coupable d'une accusation d'homicide coupable.

Thokozile Masipa a indiqué qu'elle croit que Pistorius a été négligent. Elle a ensuite cessé la longue lecture de son verdict et ajourné le procès jusqu'à vendredi, quand une décision formelle est attendue.

Une accusation d'homicide coupable fait référence à une négligence ayant causé la mort. Pistorius a admis avoir tiré quatre coups de feu dans la porte de sa salle de bain l'an dernier, atteignant mortellement Mme Steenkamp.

«Je suis d'avis que l'accusé a agi trop rapidement et avec une force excessive», a dit la juge Masipa.

Un verdict de culpabilité à une accusation d'homicide coupable est passible de cinq ans de prison en Afrique du Sud, mais le juge peut ajuster la peine en fonction des circonstances.

«Homicide coupable est un verdict compétent», a dit la juge. Elle a ensuite ajouté qu'il n'y a «tout simplement pas suffisamment de faits» pour appuyer un verdict de culpabilité de meurtre prémédité.

Pistorius pleurait silencieusement pendant que Mme Masipa faisait lecture de son jugement.

Pistorius a maintenu, pendant tout le procès, qu'il croyait avoir affaire à un cambrioleur. Les procureurs prétendent plutôt qu'il a abattu Mme Steenkamp volontairement, au terme d'une querelle.

La juge Masipa a jeté un doute sur la crédibilité de certains des témoignages entendus, dont celui de Pistorius lui-même. Elle l'a qualifié de «mauvais témoin» et lui a notamment reproché d'avoir tenté d'éviter de répondre à certaines questions, tout en soulignant que cela ne signifie pas automatiquement qu'il soit coupable de meurtre.

La juge Masipa a rappelé le témoignage d'un expert en acoustique, qui selon elle permet de se demander si des témoins qui se trouvaient à des centaines de mètres de là auraient vraiment pu distinguer les cris d'un homme de ceux d'une femme. Les avocats de Pistorius prétendent que les cris entendus étaient les cris de détresse de leur client, qui venait de réaliser son erreur, et non les cris de terreur de Mme Steenkamp.

Elle a aussi dit que des textos échangés par Pistorius et Mme Steenkamp, et qui témoignaient de tensions entre les deux, n'ont aucune pertinence, puisque les relations entre deux humains sont fluides et imprévisibles.

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