POLITIQUE

Nominations à l'étranger : 55 000$ en indemnités

11/09/2014 09:16 EDT | Actualisé 11/09/2014 09:17 EDT
PC

Le gouvernement québécois devra débourser 55 660 $ en indemnités de départ à la suite des plus récentes nominations dans son réseau diplomatique.

Le ministère des Relations internationales a indiqué jeudi que ces sommes seront versées à Stéphane Paquet et Caroline Émond, qui ont été remplacés avant la fin de leur contrat à titre de délégué général. Tous les deux avaient été nommés par le précédent gouvernement péquiste.

M. Paquet, en poste à Londres, recevra 28 794 $, tandis que Mme Émond, à Bruxelles, aura droit à 26 866 $.

Le gouvernement libéral a annoncé mercredi que l'ancien ministre libéral Christos Sirros était nommé délégué général du Québec dans la capitale britannique, tandis que Michel Audet exercera les mêmes fonctions dans la capitale belge.

Rejetant les allégations de nominations partisanes de l'opposition, jeudi, la ministre des Relations internationales, Christine Saint-Pierre, a invoqué la nécessité de nommer des délégués ayant un profil économique à Londres et Bruxelles.

Lors d'une entrevue, Mme Saint-Pierre a affirmé que MM. Sirros et Audet pourront mieux travailler à la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange Canada-Union européenne.

Mme Saint-Pierre a aussi fait valoir que M. Sirros, qui a un baccalauréat en commerce et une maîtrise en éducation, ainsi que M. Audet, qui a un doctorat en relations industrielles, pourront mettre de l'avant plus efficacement les projets du premier ministre Philippe Couillard.

« On veut avoir les meilleures personnes aux meilleurs endroits, a-t-elle dit lors d'une entrevue. Londres est un endroit stratégique et Bruxelles aussi. Avec le Plan Nord et la Stratégie maritime, avec ces profils-là, je pense qu'on va être capable faire en sorte d'aider à relancer l'économie du Québec. »

M. Sirros a déjà été en poste à Bruxelles, ce qui lui donne un bon « réseau de contacts », a aussi indiqué Mme Saint-Pierre.

L'ancienne ministre libérale Line Beauchamp a également été nommée en Europe, pour représenter le Québec au sein de la délégation canadienne à l'UNESCO, un poste déjà occupé par M. Audet.

Nommé en 2012 à Londres par le précédent gouvernement du Parti québécois, Stéphane Paquet, un ancien journaliste économique, avait complété un diplôme de deuxième cycle à la London School of Economics. À Bruxelles depuis 2013, Caroline Émond était avocate et responsable des affaires publiques chez Bombardier produits récréatifs, avant sa nomination.

Des nominations qualifiées de « partisanes »

Jeudi, le Parti québécois a estimé que le gouvernement libéral est en train de faire un « nettoyage » avec de nouvelles nominations partisanes.

La leader parlementaire péquiste Agnès Maltais a accusé les libéraux de gaspiller des fonds publics en mettant à la porte des personnes qui font du bon travail. Mme Maltais a soutenu que les nominations annoncées mercredi visent même des libéraux que les péquistes avaient laissés en poste.

La députée péquiste a évoqué le cas de l'ex-députée libérale Christiane Pelchat, que les péquistes avaient gardée à la tête de la délégation générale du Québec à Mexico, remplacée mercredi par l'ancien député libéral Éric Mercier, qui a déjà été premier conseiller à Mexico.

Mme Saint-Pierre a soutenu jeudi que Mme Pelchat a volontairement quitté son poste pour accepter une proposition en Afrique.

Mme Maltais croit que le choix de Mme Beauchamp, ancienne ministre de la Culture et de l'Éducation, au sein de la délégation canadienne à l'UNESCO, brise une tradition car les représentants qui l'ont précédée avaient « un très haut niveau d'études supérieures ». Mme Beauchamp a complété un baccalauréat en psychologie.

Le PQ croit également qu'il aurait mieux valu attendre le rapport de la Commission Charbonneau avant de choisir Mme Beauchamp, dont le nom a été mentionné devant la commission.

Une question de moeurs politiques selon la CAQ

Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Bonnardel, a observé que le premier ministre Philippe Couillard s'inscrit avec ces nominations dans la suite logique de son prédécesseur libéral Jean Charest, qui a fait 500 nominations partisanes durant ses neuf ans au pouvoir.

Selon M. Bonnardel, les péquistes sont mal placés pour critiquer les libéraux puisqu'ils ont procédé de la même façon durant leur bref passage au pouvoir.

« On doit changer ces moeurs politiques et le Parti québécois n'a aucune crédibilité pour critiquer ces nominations », a-t-il dit.