NOUVELLES

Les New-Yorkais soulignent les 13 ans du 11-Septembre en des lieux bien changés

11/09/2014 10:37 EDT | Actualisé 11/11/2014 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Les Américains ont commémoré le 13e anniversaire des attaques terroristes du 11 septembre 2001 dans un nouvel environnement, jeudi, à New York.

Pour la première fois, le nouveau Musée National du 11 Septembre, qui présente notamment des photos et artefacts offrant un rappel poignant des événements, a ouvert ses portes le jour de l'anniversaire. Les clôtures autour de la plaza commémorative ont été retirées, permettant ainsi une intégration du site aux rues environnantes de Manhattan, tout en y donnant un accès complet au public.

La cérémonie, elle, est demeurée sensiblement la même et a consisté en une lecture solennelle des noms des victimes et des moments de silence marquant l'heure précise des différentes étapes de la tragédie.

La plaza commémorative était toutefois réservée aux familles des victimes, jeudi, mais devait rouvrir au grand public en début de soirée.

Le secteur de Lower Manhattan a beaucoup changé depuis ces tristes événements. Outre la plaza commémorative, le nouvel édifice portant l'adresse One World Trade Center est presque complété. Le gratte-ciel de 1776 pieds — symbolique de l'année d'indépendance des États-Unis — devrait être entièrement occupé d'ici la prochaine commémoration. New York a aussi un nouveau maire, Bill de Blasio, beaucoup moins lié aux attaques et à ses suites que ses prédécesseurs immédiats.

Jeudi, les New-Yorkais vaquaient à leurs occupations habituelles dans des endroits encore bouclés il n'y a pas si longtemps. À l'intérieur de la plaza, les familles se recueillaient avant de lire les noms des victimes, s'interrompant seulement quatre fois: pour marquer les moments de l'écrasement du premier avion et du deuxième avion dans le World Trade Center, de l'affaissement de la première tour et de la deuxième tour.

Pour certaines personnes ayant perdu des êtres chers dans les attaques, le sentiment croissant d'un retour à la normale dans le secteur menace d'éclipser la tragédie qui y est survenue et d'obstruer leur deuil.

«Plutôt qu'être un endroit calme de réflexion, c'est un lieu où les enfants courent un peu partout, a exprimé Nancy Nee, dont le frère pompier, George Cain, est mort dans les attaques. Certaines personnes oublient qu'il s'agit d'un cimetière. Je n'irais jamais à un musée de l'Holocauste pour prendre un 'selfie'.»

Mais pour d'autres, les changements sont une partie importante du processus de guérison.

«Quand j'ai vu pour la première fois le (One World Trade Center), cela m'a vraiment fait chaud au coeur, a dit Debra Burlingame, dont le frère Charles Burlingame pilotait l'un des avions avant qu'il ne s'écrase sur le Pentagone. C'est le sentiment que j'ai chaque fois que je le vois car c'est si symbolique de ce que le pays a traversé.»

«Je veux le voir plein de vie, a-t-elle ajouté. Je veux voir plus de logements ici; je veux voir (le secteur) grouillant et rempli d'entreprises.»

En mai, le musée attendu de longue date a ouvert lors d'une cérémonie en présence du président Barack Obama, et les clôtures qui avaient entouré la plaza pendant des années ont disparu, de même que l'exigence pour les visiteurs d'obtenir un billet à temps déterminé. Désormais, des milliers de personnes visitent les lieux librement, des touristes aux travailleurs en pause de lunch, et ces foules prendront de l'ampleur cette année alors que le One World Trade Center ouvre finalement ses portes.

À Washington, jeudi, M. Obama a fait un bref discours au mémorial du 11-Septembre du Pentagone.

«Treize ans après que des esprits haineux eurent comploté pour nous casser, l'Amérique se tient debout et fière», a dit le président, ne faisant aucune référence au nouveau plan de l'administration d'intensifier les actions militaires et diplomatiques contre le groupe extrémiste État islamique en Irak et en Syrie. Plutôt, il a choisi de rappeler aux Américains qu'une guerre qui s'était amorcée peu après les attaques en 2001 tirait finalement à sa fin, disant que «dans trois mois, la mission de combat en Afghanistan prendrait fin».

PLUS:pc