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Le résultat du référendum écossais n'effraie pas Transat A.T.

11/09/2014 07:27 EDT | Actualisé 11/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - L'impact que pourrait avoir le résultat du référendum en Écosse sur la livre sterling et potentiellement l'euro n'effraie pas la direction de Transat A.T. (TSX:TRZ.B), qui se dit en mesure d'absorber les fluctuations de devises sur le marché transatlantique.

Alors que la livre a glissé à ses plus bas niveaux en 10 ans cette semaine puisque les camps du «oui» et du «non» semblent au coude à coude, d'après les sondages, un analyste a questionné l'entreprise à ce sujet, jeudi, en conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre.

Le chef de la direction financière de Transat A.T., Denis Pétrin, s'est montré rassurant en expliquant que la clientèle du marché transatlantique de l'entreprise était bien répartie — 40 pour cent en Europe et 60 pour cent au Canada.

«Si la livre glisse au cours de l'année, il sera plus dispendieux pour les gens du Royaume-Uni de venir au Canada, mais ça sera l'inverse pour les Canadiens qui veulent se rendre en Europe», a-t-il analysé.

D'après M. Pétrin, la rentabilité de l'entreprise qui exploite le transporteur Air Transat ne devrait pas être affectée, peu importe le résultat du référendum écossais de la semaine prochaine.

«Nous sommes présents des deux côtés (de l'Atlantique) et presqu'à parité (en ce qui a trait à nos clients), a-t-il observé. Nous sommes en mesure de faire face à toutes les situations.»

Quant à ses résultats du troisième trimestre, Transat A.T. dit avoir connu un des meilleurs étés de son histoire en dépit d'un recul de 37 pour cent de ses profits.

Pour la période de trois mois terminée le 31 juillet dernier, l'entreprise a engrangé un bénéfice net de 25,8 millions $, ou 66 cents par action, comparativement à 41,1 millions $, ou 1,07 $ par action, à la même période en 2013.

Ce recul est principalement attribuable aux écarts de couverture du carburant ainsi qu'à un ajout de capacité de 10 pour cent sur le marché transatlantique par ses concurrents.

«Regardez des pays comme la Turquie. Nous étions seuls au début et maintenant toute la concurrence est présente, Air Canada Rouge et même Turkish Airlines en provenance de Montréal trois fois par semaine», a expliqué le président et chef de la direction de Transat A.T., Jean-Marc Eustache.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice de la société québécoise s'est établi à 26,7 millions $, ou 69 cents par action, par rapport à 30,8 millions $, ou 80 cents par action, au troisième trimestre de l'an dernier.

Le chiffre d'affaires a quant à lui grimpé de 1,6 pour cent, à 941,7 millions $, alors qu'il avait été de 927 millions $ à la même période en 2013. Les analystes s'attendaient à un résultat ajusté de 67 cents par action ainsi qu'à des revenus de 966 millions $.

Le nombre de voyageurs est demeuré stable par rapport à l'année dernière et les prix de vente moyens ont affiché des hausses puisque l'euro et la livre sterling se sont appréciés par rapport au dollar canadien.

Les revenus des filiales nord-américaines, qui proviennent de ventes faites au Canada et à l'étranger, ont diminué de quatre pour cent, mais ceux des filiales européennes, qui proviennent de ventes faites en Europe et au Canada, ont augmenté de 17,8 pour cent.

«Dans toute notre histoire, nous avons fait mieux seulement deux fois, dont l'an passé, qui a été un été record, a fait valoir M. Eustache. On peut donc parler d'un début de saison fort satisfaisant.»

Jusqu'ici, Transat A.T. dit avoir vendu 86 pour cent de sa capacité sur les marchés transatlantiques, avec des coefficients d'occupations inférieurs de 1,5 pour cent et des prix en hausse d'un pour cent par rapport à l'année précédente.

L'entreprise anticipe également une hausse des charges d'exploitation de 3,8 pour cent en raison du recul du huard et de l'augmentation des coûts du carburant.

Estimant que les résultats de Transat A.T. avaient dépassé les attentes, Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins, a dit s'attendre à voir l'action de l'entreprise prendre de la valeur.

«Nous apprécions l'approche disciplinée de l'entreprise, qui tente de faire grimper ses marges en gérant (notamment) ses prix de vente», écrit l'analyste dans un rapport.

Transat A.T. est un voyagiste international intégré qui compte des destinations dans plus de 60 pays, principalement en Europe, dans les Antilles, au Mexique et dans le bassin méditerranéen.

L'action de l'entreprise a cédé jeudi 33 cents, soit 3,7 pour cent, à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 8,51 $.

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