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Freddie Roach n'a pas besoin de Lucian Bute, mais il a confiance en lui

11/09/2014 04:00 EDT | Actualisé 11/11/2014 05:12 EST

BOUCHERVILLE, Qc - Freddie Roach est un homme occupé... et riche. Pourquoi alors accepter de prendre sous son aile Lucian Bute? C'est qu'il a vu un boxeur encore rempli de potentiel.

L'Américain de 54 ans, qui a ramené Manny Pacquiao et Miguel Cotto aux sommets de la boxe mondiale, a un horaire déjà suffisamment rempli. Et de son propre aveu, ce n'est pas pour l'argent qu'il embarque dans l'aventure. D'ailleurs, comme les télévisions américaines ne devraient pas présenter le prochain combat de Bute, le 6 décembre, le Québécois d'origine roumaine touchera une bourse plus modeste qu'à ses derniers affrontements.

«Manny Pacquiao a changé ma vie, a admis Roach. Il touche 40 millions $ US par combat et il me paie très, très bien. Croyez-moi: je ne fais pas ça pour l'argent!»

C'est donc dire qu'il a vu quelque chose qui lui a grandement plu chez le boxeur de 34 ans.

«Si je n'avais pas vu quoi que ce soit de bien, je ne serais pas ici.»

Cette situation n'est pas sans rappeler l'arrivée du regretté Emanuel Stewart dans la carrière d'Adonis Stevenson, qui lui a ouvert les portes du Kronk Gym de Detroit. Depuis, le champion du monde WBO des mi-lourds est devenu l'une des figures de proue de la boxe mondiale, étant même choisi boxeur de l'année 2013 par plusieurs publications, dont Sports Illustrated.

Bien entendu, Bute a des correctifs à apporter et Roach n'a pas mis de temps à les déceler.

«Pendant un entraînement, je bougeais autour du ring et il ne cessait de me suivre. Je lui demandé: 'Quand vas-tu finalement me barrer le chemin?'. La façon de gérer l'espace dans le ring est le principal point à travailler. Ce n'est pas très difficile, mais c'est quelque chose qui ne s'enseigne plus. Quand vous n'êtes pas au bon endroit, ça donne l'opportunité à votre adversaire d'en profiter.

«Être au bon endroit, c'est aussi savoir se reculer quand c'est le temps. Vous entrez, placez quelques coups et vous reculez. C'est très facile, mais on ne l'enseigne plus.»

Roach a déjà quelques adversaires en tête pour Bute, et l'un de ceux-ci est Jean Pascal.

«Ça c'est un combat que j'aimerais vraiment voir encore une fois. Lucian peut faire tellement mieux que ce qu'il a montré en janvier. Il connaissait une mauvaise soirée et quand vous connaissez une mauvaise soirée à la boxe, vous souffrez. Je ne pense pas qu'on a vu le vrai Lucian ce soir-là.»

Et il ne croit pas que Bute connaîtra de nouveau les problèmes d'hésitation qu'il a connus face à Carl Froch et Pascal, et dans une moindre mesure contre Denis Grachev.

«Je pense que ça explique en grande partie ses défaites, a dit Roach. C'est un aspect qu'on va vraiment travailler constamment à l'entraînement, car il a une bonne vitesse et de bonnes combinaisons. Que ce soit dans le ring, sur le sac de sable, ou en boxant seul, il travaillera ça constamment. Ses mains sont très bonnes, mais ça ne fonctionne pas si vous ne lancez qu'un coup à la fois. Il faut donc qu'il retrouve cette capacité à lancer des combinaisons.

«Ce n'est pas très difficile de rappeler ça à un boxeur. Il s'agit seulement de lui faire retrouver son rythme. Je ne sais pas pourquoi il a perdu ça. Nous n'en avons pas vraiment parlé.

«C'est ce que j'ai fait avec Miguel Cotto après son combat contre Austin Trout (perdu par décision unanime). Je lui ai dit: 'Tu sais quoi? Tu ne t'es même pas présenté pour ce combat. Alors il ne compte même pas. Nous n'avons même pas à le revoir.' De toute évidence, quelque chose n'avait pas bien fonctionné ce soir-là, mais je ne voulais pas le savoir: je voulais seulement qu'il s'améliore sur tous les points comme boxeur. Peu importe ce qui s'était passé pendant ce combat, un boxeur complet sera en mesure de surmonter tout ça.»

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