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Porochenko promet plus d'autonomie à l'est de l'Ukraine, mais pas l'indépendance

10/09/2014 07:31 EDT | Actualisé 10/11/2014 05:12 EST

KYIV, Ukraine - Le président ukrainien Petro Porochenko a promis mercredi de déposer, possiblement dès la semaine prochaine, une projet de loi accordant une plus grande autonomie aux régions rebelles de l'est du pays, où séparatistes et soldats gouvernementaux s'affrontent depuis cinq mois.

Il a toutefois prévenu que ces régions demeureront au sein de l'Ukraine et a rejeté l'éventualité de leur fédéralisation, que continuent à réclamer la Russie et les rebelles depuis le cessez-le-feu conclu vendredi dernier.

La trêve «prévoit la restauration et la préservation de la souveraineté ukrainienne sur tout le territoire (de l'est de l'Ukraine), y compris sur les secteurs actuellement contrôlés par les rebelles», a dit M. Porochenko pendant une rencontre télévisée de son gouvernement. «L'Ukraine n'a accordé aucune concession concernant son intégrité territoriale.»

M. Porochenko a ajouté que 70 pour cent des soldats russes qui opéraient en Ukraine ont été retirés depuis la signature de la trêve.

À Berlin, la chancellière allemande Angela Merkel a appelé mercredi à de nouvelles sanctions contre la Russie. Ces sanctions ont été élaborées lundi par les 28 membres de l'Union européenne mais n'ont pas encore été appliquées. Ces sanctions devraient approfondir les sanctions déjà infligées aux secteurs militaire et énergétique de la Russie, en plus de restreindre l'accès de Moscou aux marchés internationaux.

Mme Merkel a déclaré au Parlement allemand que le cessez-le-feu a amélioré la situation sur le terrain mais qu'il y a un «problème de transparence» concernant le respect de plusieurs autres éléments du plan de paix.

Des ambassadeurs européens doivent se rencontrer plus tard mercredi pour discuter de ces sanctions.

M. Porochenko a révélé que 700 prisonniers ukrainiens ont été libérés par les insurgés et a dit espérer que 500 autres le seront d'ici la fin de la semaine. On ne sait toutefois pas combien de ces prisonniers sont des soldats et combien des civils.

Le porte-parole du Conseil ukrainien de sécurité nationale, le colonel Andriy Lysenko, a révélé aux journalistes mercredi que seulement 20 militaires sont rentrés chez eux à ce jour. À Donetsk, un représentant des rebelles a dit que l'échange de 72 combattants provenant des deux camps a été reporté à jeudi. Il a attribué le délai au gouvernement.

M. Porochenko a admis qu'il est «très difficile» de faire respecter le cessez-le-feu et accusé les rebelles de provoquer les soldats. La trêve a été violée à plusieurs reprises. Cinq soldats ukrainiens auraient été tués et 33 blessés depuis vendredi, et des tirs de roquettes ont été entendus à Donetsk tard mardi.

Le président ukrainien est demeuré vague quant aux détails de sa loi. Un plan de paix déposé en juin prévoyait toutefois la protection de la langue russe, des patrouilles locales et fédérales conjointes et l'approbation régionale des gouverneurs nommés par Kiev.

En comparaison, les rebelles réclamaient l'indépendance complète face à Kiev, voire un regroupement avec la Russie. Le leader des séparatistes à Lougansk, Igor Plotnitsky, a prévenu que les insurgés accepteront uniquement une sécession de l'Ukraine.

«Ni nous, ni nos amis de Donetsk, n'abandonnerons le projet de construire notre propre État, a-t-il lancé. Un cessez-le-feu temporaire ne saurait annuler le résultat du vote du peuple. Le peuple a voté unanimement en faveur de l'indépendance de nos républiques. On ne pourra jamais revenir à la situation précédente.»

D'autres rebelles semblent toutefois prêts à accepter une autonomie généreuse.

M. Porochenko pourrait peiner à concevoir une loi qui plaira autant aux séparatistes qu'à ses parlementaires, qui se préparent à des élections le 26 octobre. Le public ukrainien est généralement favorable à la lutte aux insurgés dans l'est du pays.

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