POLITIQUE

Lettre de Jean-Martin Aussant: les élus péquistes l'invitent à venir faire le débat à l'interne

10/09/2014 10:02 EDT | Actualisé 10/09/2014 10:46 EDT
CP

QUÉBEC - Depuis Londres, Jean-Martin Aussant a lancé un pavé dans la mare péquiste mercredi matin en appelant à «refonder» le Parti québécois pour en faire naître un nouveau parti.

Muet depuis qu'il a quitté la chefferie d'Option nationale, le parti qu'il a fondé après son départ du PQ, Jean-Martin Aussant a fait part de sa vision dans une lettre ouverte parue dans Le Devoir.

L'ancien élu péquiste tire même une salve envers ses anciens collègues en comparant le parti au naufrage du navire Costa Concordia. «Si j’étais militant péquiste, je souhaiterais aussi qu’on ne redonne pas au même équipage le Costa Concordia. Les naufrageurs «entourageux» seront toujours bienvenus comme passagers, mais pas trop près de la cabine du capitaine.»

La sortie a fait réagir les élus péquistes qui se réunissaient en caucus mercredi matin au Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Chacun à leur façon, les aspirants présumés à la chefferie Bernard Drainville, Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier ont invité leur ancien collègue à venir faire le débat au sein du parti.

Alexandre Cloutier, qui rencontrera Jean-Martin Aussant en Écosse la semaine prochaine dans le cadre du référendum, a qualifié son ex-collègue d'«acteur incontournable» de la souveraineté.

«Il a beaucoup apporté au mouvement souverainiste québécois. On doit faire en sorte que ces gens-là ont une place de choix», dit-il.

«Jean-Martin Aussant est un excellent pédagogue. On aurait besoin de lui ici, au Québec, maintenant, à nous aider à redonner le goût de l'indépendance aux Québécois», dit pour sa part Jean-François Lisée.

«S'il veut se présenter, qu'il se présente», ajoute le député de Rosemont au sujet de la course à la chefferie.

Bernard Drainville lui fait une invitation similaire: «Si Jean-Martin veut changer le Parti québécois, bien qu'il vienne nous rejoindre».

Dans sa lettre, Jean-Martin Aussant semble viser Bernard Drainville et Jean-François Lisée, sans les nommer, quand il dit s'inquiéter de l'idée de «repousser l’audace à un deuxième mandat». M. Drainville a proposé que le parti s'engage à ne pas tenir de référendum sur la souveraineté dans un premier mandat péquiste. M. Lisée, lui, souhaite que le parti prenne la décision de tenir ou non un référendum dans l'année qui précédera les élections.

«Il faut faire le débat d'idées», a plaidé Bernard Drainville.

«C'est normal, dans une course, qu'on arrive avec des visions différentes. Mais ce qui est important est de se dire qu'à la fin on va devoir travailler tout le monde ensemble», a-t-il ajouté.

Bernard Drainville affirme être demeuré en contact avec Jean-Martin Aussant depuis son départ du PQ. «Je considère que c'est un ami», dit-il.

Qui pourrait prétendre à la chefferie du PQ?