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Les choses doivent commencer à bouger avec les médecins, dit Barrette

10/09/2014 12:02 EDT | Actualisé 10/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Près de quatre mois après le début des négociations sur l'étalement des hausses salariales des médecins, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déclaré mercredi que la cadence doit s'accélérer.

M. Barrette a affirmé qu'il déposera mercredi soir une nouvelle contre-proposition aux deux fédérations de médecins, depuis l'arrêt des négociations à la mi-juillet dernier.

Cette première rencontre en deux mois marquera le début d'une ronde de discussions plus intenses, a indiqué le ministre avant une rencontre hebdomadaire avec ses collègues.

«Les choses doivent commencer à bouger, a-t-il dit aux journalistes. Je peux vous annoncer qu'on va demander aux fédérations de s'engager dans un blitz de négociations à partir de ce soir.»

Aucun échéancier n'a été fixé par le ministre pour la fin de ces négociations, dont l'enjeu est «la viabilité du système de santé».

«Un blitz de négociations ça ne marche pas en heures par jour, ça marche en termes de jours ou de paires de jours, a-t-il dit. Ça dure le temps qu'il faut mais ça ne dure pas éternellement.»

Alors que les discussions ont été marquées par des échanges de propositions des deux parties, M. Barrette a invité la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) à faire preuve de plus de souplesse.

«Je m'attends à ce qu'on dépasse Trois-Rivières et Drummondville, a-t-il dit. On ne peut pas avoir une négociation qui arrête toujours au même point dans ses propositions. Ce soir, j'espère, sera le moment où les deux fédérations médicales considéreront qu'il faut bouger de façon plus significative, dans l'intérêt du Québec.»

Questionné sur l'éventualité du dépôt d'une loi spéciale pour forcer un règlement, M. Barrette a répété que toutes les options sont possibles.

«On envisage évidemment toutes les possibilités, on n'a pas le choix», a-t-il dit.

Jusqu'ici, les discussions avec les représentants des médecins sont menées par M. Barrette et son chef de cabinet, alors qu'habituellement un négociateur est chargé des pourparlers, le ministre de la Santé ne s'impliquant qu'en fin de parcours.

En raison des difficultés à rétablir l'équilibre budgétaire, le gouvernement veut étaler sur un plus grand nombre d'années les augmentations d'environ 1 milliard $ prévues pour 2014-2015 à 2015-2016.

La dernière offre du ministre à la FMOQ prévoyait un étalement de ces hausses sur neuf ans, avec un versement de l'essentiel des sommes durant les trois dernières années. La FMOQ de son côté est disposée à un étalement sur cinq ans, qui se terminerait avec la fin du mandat du gouvernement actuel.

Une porte-parole de la FMSQ, Nicole Pelletier, a expliqué que le «blitz» annoncé par M. Barrette est bien accueilli.

«On a demandé des rencontres, encore, encore et encore. Enfin le ministre a trouvé du temps pour nous rencontrer, on en est bien heureux», a-t-elle dit.

Les représentants des deux fédérations rencontreront simultanément le ministre, mercredi, ce qui pourrait limiter les discussions approfondies, étant donné la confidentialité des données des deux groupes.

Diane Lamarre, députée péquiste responsable du dossier de la santé, a exprimé son pessimisme, mercredi, quant aux résultats du «blitz».

«De façon réaliste, trouver une solution dans un contexte où il y a deux syndicats, deux fédérations importantes, c'est très, très difficile de prévoir qu'on va réussir à trouver une solution, même avec un blitz», a-t-elle dit.

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