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Le premier ministre britannique lance un cri du coeur aux Écossais

10/09/2014 09:02 EDT | Actualisé 10/11/2014 05:12 EST

GLASGOW, Royaume-Uni - La classe politique britannique s'est précipitée mercredi au chevet de l'Écosse pour plaider en faveur d'un Royaume-Uni uni, au moment où des sondages démontrent que les Écossais pourraient bien se prononcer en faveur de l'indépendance de leur région lors du référendum de la semaine prochaine.

Les leaders des trois principales formations politiques du pays — tous trois très impopulaires en Écosse — ont lancé un cri du coeur vibrant aux électeurs encore indécis.

Certains Écossais sont toutefois restés de marbre, et le leader indépendantiste Alex Salmond a accusé ses rivaux de céder à la panique.

Témoignant d'une rare unité, le premier ministre David Cameron, le leader travailliste Ed Miliband et le chef libéral-démocrate Nick Clegg se sont tous rendus en Écosse, où des sondages placent les deux camps au coude-à-coude en prévision du référendum du 18 septembre.

M. Cameron a déclaré, lors de son passage à Édimbourg, qu'il aurait le «coeur brisé» par l'indépendance écossaise, alors qu'il cherche à éviter de devenir le dernier premier ministre de Grande-Bretagne.

Son Parti conservateur risque de le pousser à la porte si jamais les Écossais choisissent l'indépendance.

«J'aurais le coeur brisé (...) si cette famille de nations devait éclater en morceaux», a-t-il déclaré lors d'une allocution au siège social d'un assureur écossais.

Son auditoire avait été trié sur le volet et ses détracteurs ont rapidement fait remarquer qu'ils n'a pas pris la parole devant les Écossais qui s'étaient rassemblés dans la rue.

Les conservateurs de M. Cameron sont excessivement impopulaires en Écosse, où les réductions des prestations d'aide sociale, le chômage et la privatisation de l'ère Margaret Tatcher ont laissé des souvenirs douloureux. Plusieurs indépendantistes citent les mesures d'austérité contenues dans le budget conservateur pour expliquer leur désir mettre fin à 307 ans d'union avec l'Angleterre

M. Cameron a ordonné que le drapeau bleu et blanc de l'Écosse flotte au-dessus du 10, Downing Street, jusqu'au jour du vote pour témoigner de son appui envers la place de l'Écosse au sein de l'union.

Il a ajouté que le but du référendum n'est pas de donner une râclée aux conservateurs.

«Ce n'est pas une décision pour les cinq prochaines années, a-t-il dit. C'est une décision pour le prochain siècle.»

Alex Salmond a dit que les politiciens londoniens sont en Écosse «seulement parce qu'ils paniquent» et estime que leur visite ne peut qu'aider la cause du «Oui».

«Si j'avais pensé qu'ils s'en venaient en autocar, je leur aurais envoyé un billet», a-t-il blagué.

L'administration de M. Salmond épingle la prospérité économique d'une Écosse nouvellement indépendante sur les ressources en hydrocarbures de la mer du Nord. Des géants du monde des affaires comme le groupe financier Standard Life et l'entreprise d'hydrocarbures BP ont toutefois fermement pris position contre l'indépendance, semant une certaine nervosité.

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