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La ville de Mirabel demande de retarder le projet de démolition de l'aérogare

10/09/2014 10:43 EDT | Actualisé 10/11/2014 05:12 EST
Agence QMI

MONTRÉAL - Aéroports de Montréal (ADM) a opposé mercredi une fin de non-recevoir aux promoteurs d'un centre de foires qui demandent que le processus de démolition de l'aérogare désaffecté de Mirabel soit retardé de trois mois.

En conférence de presse, le maire de Mirabel et porte-étendard du projet, Jean Bouchard, s'est engagé à déposer d'ici la date limite du 16 septembre un plan de conversion en expliquant qu'il disposait d'études de faisabilité validant la faisabilité du projet.

En échange, il demande à ADM d'attendre jusqu'au 31 décembre — plutôt qu'au 16 septembre — avant de présenter à son conseil d'administration ses recommandations concernant l'appel d'offres lancé le 1er mai dernier en lien avec le démantèlement de l'établissement.

«Je suis persuadé que si nous obtenons les trois mois nous allons pouvoir finaliser le tout, mais il y a une enveloppe budgétaire de 30 millions $ à aller chercher», a affirmé M. Bouchard, accompagné de représentants de la Société de gestion Montréal-Mirabel (SOGEMM).

Déterminée par une firme d'architecture, cette somme représente, selon le maire de Mirabel, ce qu'il faudra investir afin de mettre à niveau l'aérogare désaffecté depuis 2004.

Après avoir pris connaissance des demandes de M. Bouchard, la vice-présidente des communications chez ADM, Christiane Beaulieu, a rapidement indiqué que l'organisme n'avait pas l'intention de modifier ses plans.

«Nous discutons depuis neuf mois et nous leur avons soumis un protocole d'entente pour poursuivre le dialogue, chose qui n'a jamais été signée, a-t-elle indiqué. Le délai ne nous apparaît pas raisonnable. Nous n'avons pas de plan d'affaires.»

Elle a également rappelé que les frais de maintien annuels de l'aérogare oscillaient entre 3 et 5 millions $ pour ADM.

M. Bouchard dit avoir rencontré des représentants du gouvernement du Québec ainsi que le ministre fédéral Denis Lebel afin de solliciter leur implication, ce qui n'empêche pas la porte-parole d'ADM de douter de l'implication des gouvernements dans ce projet.

«Je vous le dis tout de suite, c'est non, a martelé Mme Beaulieu. Nous discutons depuis neuf mois alors nous aurions eu des indications. Nous sommes un organisme indépendant mais on a un bail avec Transports Canada (pour l'aérogare). S'il y avait eu des pourparlers sur cette possibilité, nous l'aurions su.»

Se gardant de dévoiler son jeu, M. Bouchard a affirmé que des «organisateurs internationaux reconnus» étaient prêts à «amener des événements» si le centre de foires finissait par voir le jour à Mirabel.

Mais selon la porte-parole d'ADM, rien ne laisse présager que quelqu'un «va arriver magiquement avec entre 30 et 35 millions $» pour que le projet de transformation de l'aérogare en centre de foires puisse aller de l'avant.

«Les appels d'offres sont rentrés et nous avons des prix avantageux, a rappelé Mme Beaulieu. À Mirabel, ils n'ont toujours pas de montage du projet alors que nous avons des propositions intéressantes.»

Mme Beaulieu ne ferme toutefois pas la porte à la poursuite des discussions avec la SOGEMM, qui pourrait, si elle le désire, obtenir une partie du terrain de l'aéroport de Mirabel pour y construire un centre de foires.

«Ça coûte bien moins cher d'en faire un ailleurs sur le site qui répondrait en plus à leurs normes, a-t-elle observé. En plus, ça nous permettrait de dégager l'espace où se trouve l'aérogare, ce qui donnerait un accès direct aux pistes.»

Entre-temps, le compte à rebours semble avoir commencé à l'aérogare de Mirabel, qui a commencé à se vider. Certains équipements qui se trouvaient dans l'ancienne aérogare ont été donnés à l'aéroport international Hugo-Chavez de Cap-Haïtien, en Haïti.

Environ une centaine de comptoirs d'enregistrement, des balances mécaniques, quelque 2000 chariots à bagages et plus de 500 sièges ont pris la route d'Haïti.

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