POLITIQUE

Commission Charbonneau: les projecteurs restent sur Hydro-Québec

10/09/2014 09:52 EDT | Actualisé 10/09/2014 11:57 EDT
CEIC

La commission Charbonneau entend Réal Laporte, le président d'Hydro-Québec Équipement et de la Société d'énergie de la Baie James (SEBJ), qui dresse un portrait général du fonctionnement de la société d'État et de ses chantiers, notamment sur la Côte-Nord.

M. Laporte a abordé la question de l'embauche de main-d'œuvre locale sur les chantiers d'Hydro-Québec, une question soulevée avec force par le syndicaliste Bernard « Rambo » Gauthier lors de son passage devant la commission.

M. Gauthier avait lancé que, dans un monde idéal, les deux tiers des travailleurs sur les chantiers de la Côte-Nord devraient venir de la région, et non un tiers, comme ce serait actuellement le cas selon lui.

Devant la commission, M. Laporte a insisté que la société d'État sensibilise les entrepreneurs sur ses chantiers à la nécessité « d'embaucher le plus de main-d'œuvre locale possible sur un projet » et que ces derniers, de façon générale, agissent en ce sens.

Et il estime que sur la Côte-Nord : « ceux qui voulaient travailler à La Romaine ont eu l'opportunité de le faire ».

Il croit par ailleurs, d'expérience, que l'idée d'un quota de travailleurs locaux sur les chantiers n'est pas bonne car les entrepreneurs risqueraient alors d'embaucher des travailleurs strictement pour avoir un contrat pour ensuite leur confier des tâches non productives.

M. Laporte a reconnu qu'Hydro-Québec avait connu des problèmes de harcèlement et d'intimidation sur les chantiers de Toulnustouc et de La Romaine, où était notamment présent le représentant du local 791 des opérateurs de machinerie lourde de la FTQ-Construction. Bernard Gauthier.

Il a cependant précisé que la société d'État a depuis adopté une politique de tolérance zéro sur ces questions qui contraint entrepreneurs et fournisseurs à dénoncer ces actes. « Je pense qu'on est venu fermer un grand pan sur l'intimidation avec cette politique », a-t-il dit.

Il a alors voulu illustrer l'efficacité de cette politique en soulignant qu'à La Romaine, en date de juin dernier, 96 plaintes avaient été enregistrées, ce qui s'est traduit par l'expulsion de 93 personnes.

« Et là-dedans, il y a pas mal de patrons et d'employés, ça ne semble pas être clairement rien que sur un bord. » — Réal Laporte

Il a souligné aussi qu'il existe une ligne téléphonique éthique à Hydro-Québec ( 1-866-éthique ) qui est sous le contrôle du vérificateur interne

M. Laporte est l'avant-dernier témoin de la commission. Le témoignage de celui qui lui succédera ne devrait pas s'étirer au-delà de la journée, indique la commission, de sorte que la phase de ses travaux consacrée aux témoins de faits devrait se conclure aujourd'hui.

La commission entendra ensuite des organismes de surveillance, comme l'Unité permanente anticorruption (UPAC), la Sûreté du Québec (SQ), le Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Bibeau, un homme influent

Mardi, la commission s'est intéressée à l'octroi des contrats d'Hydro-Québec, et plus particulièrement aux interventions de l'argentier du PLQ sous Jean Charest, Marc Bibeau, auprès de la société d'État.

L'ex-président de la firme d'ingénierie RSW Georges Dick a dit que M. Bibeau est venu le voir quelques mois avant l'élection générale de 2003 pour lui demander une contribution politique de 60 000 $ à 80 000 $, en lui disant qu'il pouvait « diriger des contrats, en enlever, en redonner »

Avant lui, l'ex-PDG d'Hydro-Québec André Caillé avait relaté que Marc Bibeau avait appelé à la société d'État pour obtenir de l'information sur l'octroi de contrats par la société d'État aux entreprises de génie-conseil vers 2003-2004.

Tant M. Dick que M. Caillé ont dit avoir cru que M. Bibeau était officiellement conseiller du premier ministre Jean Charest, titre qu'il n'a pourtant jamais officiellement eu.

Marc Bibeau a nié les allégations de M. Dick par voie de communiqué.

La commission Charbonneau en bref

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