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Le chef de police de Wendake congédie deux policiers

10/09/2014 06:59 EDT | Actualisé 10/09/2014 06:59 EDT
Radio-Canada

Après une enquête interne de plusieurs mois, le chef du Service de police de Wendake, Daniel Langlais, confirme le congédiement de deux policiers ayant commis des actes qu'il qualifie de répréhensibles.

Les deux policiers étaient suspendus avec solde depuis le mois de mai.

Daniel Langlais explique que le premier policier a reconnu être l'auteur de deux lettres anonymes comportant des « accusations graves et diffamatoires », dont certaines de nature criminelle, contre quatre policiers du Service de police de Wendake.

Le policier a aussi dévoilé dans les médias ces deux lettres qui contenaient notamment des allégations de corruption policière.

Le second policier est congédié pour avoir remis un rapport d'enquête qui protégeait son collègue et dans lequel il accusait faussement un citoyen d'être l'auteur de la seconde lettre anonyme.

Les deux hommes ont ainsi posé des actes qui ont brisé le lien de confiance avec le service de police, soutient Daniel Langlais.

« Ça prend une intégrité à toute épreuve dans la police. Si on regarde tout ce qui se passe présentement, l'enquête Charbonneau, toutes ces affaires-là, les citoyens veulent de la transparence, des policiers intègres. Je ne peux pas laisser passer ça. Là, j'ai des policiers qui en rajoutent avec des accusations sans fondement. »

Le syndicat dénonce l'enquête

Le syndicat des policiers de Wendake qualifie les licenciements d'abusifs et il dénonce l'enquête interne qui a été menée par le chef Daniel Langlais. Le syndicat croit que l'enquête a été influencée par des pressions politiques.

Le conseiller du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) Éric-Jan Zubrzycki avance que l'un des deux policiers congédiés aurait arrêté cinq membres de la famille du chef de la nation huronne-wendate Konrad Sioui au cours de la dernière année.

« Il a fait une job de bras, c'est manifeste et sans l'ombre d'un doute. Il a fait une enquête bâclée, il ne peut pas parvenir raisonnablement à des conclusions là », déclare-t-il.

De son côté, Daniel Langlais rejette toute allégation d'ingérence politique dans l'enquête disciplinaire. Il soutient que celle-ci a été menée avec diligence et objectivité.

Le grand chef de la nation huronne-wendate nie également toute allégation d'ingérence dans ce dossier. Konrad Sioui réitère sa confiance en Daniel Langlais comme chef de police et rappelle que sa nomination vient du bureau du ministre de la Sécurité publique.

« Le Conseil [de la nation huronne-wendate], même si je n'y étais pas, je n'ai pas participé à la décision, unanimement a pris une position, c'est-à-dire a passé des résolutions à savoir que les recommandations de M. Langlais sont absolument étampées par le conseil pour s'assurer toujours que notre population est bien représentée par des policiers impeccables. »

Aucun des policiers mis en cause n'a été identifié. La cause sera entendue devant un arbitre.

Daniel Langlais, un ancien chef du Service de police de la ville de Québec, est en poste depuis moins d'un an à la tête du Service de police de Wendake. Il a pour mission de redresser le corps de police de Wendake, éclaboussé par le congédiement du chef précédent, Éric Gros-Louis, pour des allégations de fraude. Ce dernier doit subir son procès en octobre.